Politique

RDC : que deviennent les militants congolais arrêtés le 15 mars ?

Près de deux semaines après leur arrestation à l’issue d’une conférence de presse organisée avec les responsables de Y’en a marre et le Balai citoyen, plusieurs militants congolais pro-démocratie sont toujours détenus – hors procédure judiciaire – par les services de renseignement à Kinshasa.

Mis à jour le 27 mars 2015 à 16:05

Une manifestation de Lucha, le 17 mars à Goma. © G.Mathys/Lucha RDC

"Nous n’avons aucune information sur la détention de nos confrères qui dure depuis douze jours" nous a indiqué le 27 mars, Benjamin, membre de la coordination de la Lucha (Lutte pour le changement). Pourtant explique le militant, "Lambert Mende, le ministre de la Communication, avait promis situer l’opinion dès le 20 mars sur le sort réservé aux personnes arrêtées".

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L’inquiétude des organisations des droits de l’homme

La situation des militants pro-démocratie en RDC inquiète fortement les organisations de défense des droits de l’homme. Dans un communiqué publié le 23 mars, Amnesty International évoque les violences commises par les forces de l’ordre lors de la rafle du 15 mars. "Les détenus sont exposés aux risques de torture ou d’autres mauvais traitements", craint l’organisation.

Serge Sivya, militant de la Lucha qui réclamait la libération de ses collègues à été porté disparu pendant quelques jours avant d’être retrouvé le 24 mars. Il explique avoir été enlevé par des individus qui lui ont fait subir de longues heures d’interrogatoires. Très discret depuis sa réapparition, il affirme avoir reçu des informations alarmistes sur l’état de santé de Fred Bauma.

Le gouvernement reste pour l’heure silencieux aux injonctions des organisations de défense des droits de l’homme. Aucune information judiciaire n’a été ouverte contre les militants détenus.

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