Politique

Tunisie : que sait-on de Lokmane Abou Sakhr, le cerveau de l’attentat du Bardo ?

Lokmane Abou Sakhr, était le chef du principal groupe armé jihadiste tunisien. © Ministère de l'intérieur tunisien /AFP

Accusé d’avoir dirigé les attentats du Bardo à Tunis, le jihadiste algérien Lokmane Abou Sakhr a été abattu samedi 29 mars par l’armée tunisienne. Le terroriste était impliqué dans la mort de dizaines de policiers et soldats à la suite des attaques menées par son groupe, Phalange Okba Ibn Nafaa.

Qui était Lokmane Abou Sakhr, le jihadiste algérien qui a "dirigé" les attentats du Bardo à Tunis le 17 février dernier ? Abattu samedi par l’armée tunisienne, selon le Premier ministre Habib Essid, le parcours du chef du groupe terroriste Phalange Okba ibn Nafaa est marqué par plusieurs zones d’ombres.

  • Plusieurs attaques à son actif

Combattant  aguerri, Kheled Chaieb de son vrai nom, s’est fait connaitre grâce à plusieurs opérations menées dans la région du mont Chaambi, un massif montagneux frontalier de l’Algérie. Sous son autorité, le groupuscule jihadiste a infligé de nombreux revers à l’armée tunisienne. Le plus sanglant s’est déroulé le 17 juillet 2014 à Henchir Talla (Centre-Ouest) où un camp militaire a été attaqué provoquant la mort de 15 soldats. Un an plus tôt, le 27 juillet 2013, le combattant islamiste avait également participé à l’égorgement de huit soldats dans la même région du Chaambi. Véritable ennemi public, son élimination et celles de huit de ses compagnons, samedi, dans une opération des forces de l’ordre dans la région de Gafsa (Centre-Ouest) a été triomphalement accueillie par les autorités.

Le groupuscule a également revendiqué l’attaque menée dans la ville de Kasserine en juin 2014 contre la maison du ministre de l’Intérieur de l’époque, Lotfi Ben Jeddou, où quatre policiers avaient été tués.

>> Retrouvez notre dossier sur l’attentat du Bardo

  • Un groupe algérien né après l’intervention en Libye

Installé dans la massif montagneux du Chaambi depuis 2012, le groupe d’Abou Sakhr, Okba Ibn Nafaa, serait composé de 70 à 100 combattants, selon un responsable de la lutte antiterroriste tunisien. Les jihadistes opèrent par groupe autonomes de 15 à 20 hommes "très mobiles". Le fonctionnement de l’organisation est pyramidal : tous les chefs sont algériens et "se comportent en seigneur". Preuve en est, en signe d’allégeance, les combattants tunisiens seraient obligés de laver les pieds de leurs émirs…

Des membres de l’organisation seraient par ailleurs issus des rangs d’Ansar al-Charia, un groupe salafiste jihadiste à l’origine de l’attaque de l’ambassade des États-Unis à Tunis en 2012

Selon les autorités tunisiennes, la création du groupe de Lokhmane Abou Sakhr est la conséquence directe des interventions militaires au Mali et en Libye qui ont permis le trafic d’armes et les déplacements des combattants à travers le Sahara.

Le nom du groupe n’est pas fortuit. C’est celui d’un chef militaire musulman du VIIe siècle fondateur de la grande mosquée éponyme de Kairouan en Tunisie, considérée comme la quatrième ville sainte de l’islam.

  • Soutien à l’État islamique

Bien que les attaques du Bardo ont été revendiquées par l’organisation État Islamique, les autorités tunisiennes avait formellement accusé Lokhmane Abou Sakhr d’en être à l‘origine. Ce dernier avait effectivement annoncé en septembre dernier soutenir "fortement" l’États islamique (EI) sans toutefois lui prêter allégeance.

La mort d’Abou Sakhr est intervenue à point nommé, juste avant la grande marche de dimanche contre le terrorisme à Tunis où des dizaines milliers de personnes et des hauts responsables étrangers se sont rassemblés.

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