Politique

Ouganda – Attentats de Kampala : la procureure chargée du procès assassinée

Le procès des auteurs présumés de l’attentat de Kampala en 2010 vient de prendre un serieux coup avec le meurtre lundi soir du magistrat en charge de l’affaire. Le crime aurait été commis à Kampala par des hommes à moto dont l’identité reste inconnue.

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Mis à jour le 31 mars 2015 à 12:23

Joan Kagezi, qui dirigeait la section anti-terrorisme et crimes de guerre auprès du ministère public, a été assassinée par des hommes à moto le 30 mars en début de soirée alors qu’elle rentrait chez elle dans la banlieue de la capitale ougandaise, a déclaré le porte-parole de la police de Kampala, Patrick Onyango.

Un quotidien ougandais, le New Vision a indiqué que des hommes armés ont attaqué la voiture de la procureure alors qu’elle ralentissait pour franchir des dos-d’âne et qu’elle était morte sur le coup.

Un meurtre qui intervient quelques jours après l’ouverture du procès

Joan Kagezi était chargée du procès ouvert le 17 mars, de treize hommes – sept Kényans, cinq Ougandais et un Tanzanien – accusés d’avoir participé aux attentats de 2010 à Kampala qui avaient fait 76 morts. Le 11 juillet 2010, en pleine retransmission télévisée de la finale de la Coupe du monde de football qui se déroulait en Afrique du Sud, un double attentat à la bombe avait secoué un restaurant et un centre sportif de la capitale ougandaise où des centaines de personnes suivaient le match.

Les deux établissements étaient connus pour être fréquentés par les étrangers. Cette attaque était la première action d’envergure des shebab – qui ont depuis rallié le réseau Al-Qaïda – hors de leurs frontières.

L’Ouganda était visé car il fournissait à l’époque la moitié (le Burundi fournissant l’autre) des troupes de la force de l’Union africaine (Amisom) déployée depuis 2007 en Somalie pour combattre les shebab. Depuis, le Kenya et l’Éthiopie ont rejoint l’Amisom désormais forte de 22.000 hommes.

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Un contexte sécuritaire tendu

L’Ouganda a annoncé il y a quelques jours  des mesures de sécurité renforcées suite à la menace d’attaque des islamistes somaliens, après une mise en garde des États-Unis contre un risque imminent dans la capitale.

Washington avait déjà lancé une alerte en septembre 2014 dans ce pays dirigé depuis 1986 par le président Yoweri Museveni, l’un des hommes forts de la région.

Parmi les treize accusés, douze sont également jugés pour appartenance à une organisation terroriste, en l’espèce les islamistes somaliens shebab. On ignore pour l’heure si l’audience prévue pour le 31 mars aura lieu.

(Avec AFP)