Banque

Naira : « La chute des prix du pétrole va continuer à affaiblir la monnaie »

| Par Jeune Afrique
Yvonne Mhango est économiste chez Renaissance Capital. DR

Yvonne Mhango est économiste chez Renaissance Capital. DR ©

Yvonne Mhango, économiste chez renaissance Capital, examine pour « Jeune Afrique » l’évolution récente de la naira, la monnaie du Nigeria, ainsi que ses perspectives d’évolution à moyen terme.

« Quelques mois après la dévaluation du naira de 8 % par la Banque centrale du Nigeria, la monnaie a été dévaluée une seconde fois le 18 février de 20 %, sous l’effet du marché. Début mars, 198 nairas s’échangeaient ainsi pour 1 dollar. Cette évolution est la conséquence du plongeon des réserves en devise ces derniers mois, mais aussi de l’écart intenable entre le taux de change du marché interbancaire, où 1 dollar s’échangeait contre 200 nairas, et celui du marché aux enchères, où il valait 168 nairas.

Taux de change Naira JA 2826La fermeture du marché aux enchères officiel, décidée par la Banque centrale, a mis fin à cette situation, et devrait selon nous ralentir la spéculation sur les devises, limitant dès lors le risque de voir fondre les réserves de change restantes. La dévaluation tacite du naira rend moins probable la poursuite de politiques publiques hostiles au libre marché (comme le contrôle des capitaux), ou le fait que la notation du Nigeria soit menacée.

Toutefois, nous pensons que la détérioration de la balance des paiements du Nigeria, en raison de la chute des prix du pétrole, va continuer à affaiblir la monnaie nationale avec, à court terme, 1 dollar valant 220 nairas. Pour l’année 2015, et après douze années de surplus, la balance courante devrait connaître un déficit de 3,9 % du PIB, basé sur une prévision d’un prix du baril de brut à 60 dollars.

La dévaluation du naira devrait alléger le déficit public, qui passerait en dessous de 2,2 % du PIB mais resterait au-dessus de la cible de 0,7 % annoncée par les autorités. Une accélération de l’inflation – à deux chiffres – dans les prochains mois est à prévoir, conséquence naturelle de la baisse du naira. Le pouvoir d’achat des consommateurs nigérians souffrira de cette situation. »

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