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Un « club Afrique » pour réveiller les capital-investisseurs français !

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Hervé Schricke est président du conseil de surveillance de XAnge Private Equity.

Hervé Schricke est président du conseil de surveillance de XAnge Private Equity. © Massilia Mundi

L’association française des professionnels du capital-investissement crée un club Afrique. Explications d’Hervé Schricke, initiateur de ce projet, interviewé à l’occasion de l’Africa CEO Forum.

« Il y a très peu de capital-investisseurs français qui investissent en Afrique », explique Hervé Schricke. Cet investisseur en fonds propres, qui a notamment créé XAnge Private Equity, un des acteurs importants du soutien aux PME (avec plus de 350 millions d’euros sous gestion), a décidé de faire (un peu) changer les choses. La France a bâti depuis les années 80 l’une des trois premières industries du capital-investissement en Europe, avec le Royaume-Uni et l’Allemagne. L’un des géants français, Ardian, gère ainsi plus de 50 milliards de dollars en Europe, en Amérique du Nord et en Asie…

Mais alors que plusieurs géants mondiaux, de Carlyle en passant par KKR ou Abraaj, ont jeté leur dévolu sur l’Afrique, et que les équipes Afrique sont nombreuses à Londres (Development Partners International, Satya Capital, Helios), les capital-investisseurs français restent bien timides, malgré la proximité historique entre Paris et nombre de capitales africaines.

« Ce désintérêt est aussi le reflet du retrait des entreprises françaises en Afrique », souligne Hervé Schricke, qui cite tout de même le cas de Wendel, qui a investi 700 millions d’euros en deux ans dans des entreprises africaines (Saham et IHS). Laurent Demey, un ancien de Proparco (groupe Agence française de développement) qui a co-fondé l’un des rares acteurs français du capital-investissement africain (Amethis), confirme : « L’Afrique a longtemps fait peur. La profession l’a surtout vue par le prisme des dérives ».

Vif intérêt

Pour mettre un terme à cette indifférence, Hervé Schricke a donc décidé de créer au sein de l’Association française des investisseurs en capital (Afic), qui rassemble les professionnels du private equity en France, un « club Afrique ».

« C’est le premier club uniquement géographique créé par l’Afic », explique cet ancien de la BIAO, fondateur au début des années 80 d’une banque au Congo-Brazzaville. Le club aurait suscité depuis son lancement en janvier un vif intérêt, comptant 70 membres : adhérents de l’Afic mais aussi des cabinets d’avocats et investisseurs en capital assez présents sur le continent comme Proparco.

« Il ne faut pas oublier que, même si peu de membres de l’Afic investissent en Afrique, leurs sociétés en portefeuille le font de plus en plus et donc l’intérêt des financiers pour le continent est grand », explique Hervé Schricke.

Aider les pays africains

Le « club Afrique » entend venir en aide aux capital-investisseurs francophones en Afrique mais aussi accompagner les pays africains qui le souhaitent à structurer une législation propre au développement de ce métier, fondamental pour renforcer les fonds propres des entreprises. Le club a créé deux groupes de travail : l’un sur les aspects juridiques et l’autre de veille sur le capital-investissement (sur lequel il travaille avec Kusuntu).

« En Afrique, il y a beaucoup de potentiel en termes d’investissements dans les PME mais aussi dans le venture capital (investissement dans des jeunes sociétés), notamment dans les nouvelles technologies », souligne Hervé Schricke.

Changement

En dehors de la création de ce « club Afrique », plusieurs autres signes montrent un intérêt plus marqué de l’industrie française du capital-investissement. Le spécialiste français de l’investissement dans les infrastructures, Meridiam, a ainsi monté une équipe Afrique et lève un fonds. Amethis a bouclé mi-2014 la levée de son premier véhicule, à 530 millions de dollars.

Enfin, rappelle Laurent Demey, « de plus en plus de familles françaises investissent en Afrique. Plusieurs ont investi dans IHS avec Wendel et le holding Peugeot a aussi investi récemment dans le mauricien Ciel. Et les investisseurs dans notre fonds sont majoritairement des familles francophones. Cet intérêt familial pourrait inciter des capital-investisseurs français à s’intéresser davantage à l’Afrique. »

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