Économie

Caoutchouc : « Le retour à l’équilibre prendra du temps »

Victoria Crandall, spécialiste en matières premières agricoles chez Ecobank, décrypte pour le magazine les perspectives mondiales du marché du caoutchouc.

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Mis à jour le 17 mars 2015 à 13:15

Victoria Crandall est analyste en matières premières chez Ecobank. DR

En raison d’une offre excédentaire, de stocks mondiaux considérables et d’une demande stable, le cours moyen du caoutchouc reste bloqué autour de 1,50 dollar depuis la fin du mois de septembre. Le 5 mars, il affichait même 1,43 dollar pour un kilo sur le Singapore Commodity Exchange (Sicom).

Cette conjoncture est consécutive à la dégringolade observée ces trois dernières années, dans le sillage de la baisse de la croissance en Chine, qui constitue de 30 % à 35 % de la demande mondiale. Elle a négativement affecté les entreprises africaines. Présente au Liberia, au Ghana, au Nigeria et en Côte d’Ivoire, la Société internationale de plantations d’hévéas (SIPH) a par exemple vu son chiffre d’affaires caoutchouc reculer de 30,5 % sur un an, pour s’établir à 226,7 millions d’euros en 2014.

Cliquez sur l'image. Les Africains – dont la production reste stable, à environ 550 000 tonnes – pourraient néanmoins bénéficier en 2015 d’une conjoncture favorable. Celle-ci s’appuiera d’abord sur la baisse continue des stocks puis sur la reprise américaine, et notamment sur celle de son industrie pneumatique. Le secteur profitera surtout de l’entente entre la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie, qui représentent à elles seules près de 75 % de la production mondiale, pour réduire les exportations afin de soutenir les prix.

Cependant, le retour à l’équilibre prendra du temps. Car la chute des cours du pétrole affecte d’ores et déjà le marché. Pour autant, la SIPH ne se laisse pas décourager par la situation. Elle vient en effet d’annoncer le maintien de ses investissements stratégiques d’extension des surfaces et de renouvellement de l’outil de production dans la perspective d’une reprise.