Économie

Algérie : la chute des réserves de change s’accélère

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Mis à jour le 20 mars 2015 à 12:58

La chute des réserves de change de l’Algérie s’est accélérée au cours du dernier trimestre 2014 durant lequel elles ont baissé de 6,3 milliards de dollars.

Après un recul de près de 10 milliards de dollars entre mars et septembre 2014, la chute des réserves de change de l’Algérie s’est accélérée durant les derniers mois de l’année écoulée. Selon les données divulguées le 19 mars par Mohamed Laksaci, le gouverneur de la Banque d’Algérie, l’institution en charge de la politique monétaire nationale, les réserves de change du pays étaient de 178,9 milliards de dollars à la fin décembre 2014, soit 6,3 milliards de dollars de moins que les 185,2 milliards de dollars enregistrés fin septembre.

En un an, le « matelas de devises » du pays d’Afrique du Nord, qui était de 194 milliards de dollars en décembre 2013, a fondu de 15 milliards de dollars. Une chute brutale qui intervient après une dizaine d’années de hausse continue.

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La Banque d’Algérie explique cette baisse par la chute des prix du pétrole. Dans son dernier rapport, publié le 16 mars, l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) indique que la moyenne des cours s’est établie à 52,92 dollars le baril en février 2015 contre 110,22 dollars en 2013, soit une chute de près de 52% en un an.

Ce recul du prix du baril a réduit les recettes d’hydrocarbures de l’Algérie, établies à 58,34 milliars de dollars en 2014 contre 63 milliards de dollars une année auparavant, précise l’agence de presse.

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Gaz de schiste

La baisse des revenus issus de l’exploitation pétrolière conventionnelle a renforcé la détermination d’Alger à tirer pleinement profit de ses ressources en hydrocarbures non-conventionnelles, notamment en ce qui concerne le gaz de schiste. L’Algérie en possède les quatrièmes réserves mondiales après les États-Unis, la Chine et l’Argentine .

Le gouvernement algérien a ainsi fait savoir le 19 mars qu’il poursuivrait ses forages d’explorations dans le Sahara, malgré l’hostilité des populations vivant près des gisements. « Sans une connaissance suffisante des potentialités de notre sous-sol en gaz (conventionnels) et en pétrole et gaz de schiste, il ne nous sera pas possible de planifier les étapes futures du développement de notre pays », a indiqué le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dans un message lu en son nom par un de ses conseillers.

Le président en a également profité pour appeler la population d’In-Salah, où les manifestations anti-gaz de schiste ont été les plus nombreuses, à « privilégier la sagesse et à faire prévaloir la raison ». “La préservation de la santé des citoyens et de leur environnement est la ligne rouge que ni l’État ni nulle autre partie ne peut franchir”, a-t-il précisé.

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(Avec AFP)