Politique

Ebola : le cap des 10 000 décès franchi, où en sont les traitements ?

| Par Jeune Afrique
Des soignants du virus Ebola.

Des soignants du virus Ebola. © AFP

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a causé plus de 10 000 décès, a indiqué jeudi l’OMS dans son dernier bilan actualisé au 10 mars. Très en retard sur la maladie, les pistes thérapeutiques se multiplient néanmoins.

  • Une épidémie en reflux ?

Au total 24 350 personnes dans neuf pays ont été affectées par le virus Ebola et 10 004 sont mortes, selon ce bilan de l’Organisation mondiale de la santé.

Depuis le déclenchement de l’épidémie début 2014, il y a eu au Liberia 4 162 décès sur 9 343 personnes contaminées. Lors du pic de la maladie il y a six mois, environ 300 nouveaux cas étaient enregistrés par semaine dans ce pays, qui a connu le plus de décès. Mais depuis deux semaines selon l’OMS, le pays ne connaît plus de cas recensé de la maladie, ce qui ne veut pas dire, loin de là, qu’il faut crier victoire.

Les deux autres pays les plus affectés sont la Sierra Leone, avec 11 677 personnes contaminées dont 3 655 sont décédées, et la Guinée, avec 3 330 personnes infectées dont 2 187 ont succombé.

>> Lire aussi : "Ebola en Guinée : victime de la rumeur, une volontaire de la Croix-Rouge raconte son agression"

  • Deux vaccins testés au Liberia et en Guinée

Cette annonce intervient alors que trois vaccins sont en cours de test sur des humains dans la sous-région. Deux, à grande échelle, au Liberia depuis début février : le ChAd3, développé par la firme britannique GSK (GlaxoSmithKline) avec l’Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (Niaid), et du VSV-EBOV de l’agence de santé publique du Canada (Phac). L’objectif du projet de coopération américano-libérien Prevail (Partenariat pour la recherche sur les vaccins anti-Ebola au Liberia) est de tester les vaccins sur 27 000 hommes et femmes âgés de plus de 18 ans.

Un autre test à grande échelle se déroule depuis le 7 mars en Guinée, où au moins une cinquantaine de volontaires, dont le ministre de la Santé, ont reçu des doses de VSV-EBOV.

  • L’espoir de nouvelles molécules

Parallèlement à la recherche de vaccins, d’autres pistes thérapeutiques se multiplient pour lutter contre la maladie. L’antiviral japonais favipiravir (Avigan), déjà utilisé contre la grippe, a ainsi donné des résultats probants chez certains malades infectés, selon les résultats préliminaires d’un essai clinique. Celui-ci, mené jusqu’à présent sur quatre-vingts malades et débuté le 17 décembre 2014 en Guinée, a montré "des signes encourageants d’efficacité" chez les personnes arrivées avec des niveaux moyens ou élevés d’infection mais dont les organes n’avaient pas encore été affectés, selon les chercheurs.

"Ces résultats laissent donc espérer que le favipiravir réduise la mortalité dans cette population en stade moins avancé" de l’infection, expliquent-ils. En revanche, les patients qui étaient infectés depuis longtemps n’ont pas guéri. Produit par Toyama Chemical, une filiale de Fujifilm, le favipiravir est commercialisé sous le nom d’Avigan. Son fabricant disposerait de l’équivalent de 20 000 traitements complets.

Un autr traitement pourrait venir de la tetrandrine, une molécule présente dans une plante utilisée en médecine traditionnelle chinoise, Stephania Tetrandra. Connu pour ses propriétés anti-inflammatoires, cet alcaloïde stoppe la réplication du virus, selon des tests réalisés sur des souris. Ne reste plus qu’à le tester sur des primates non humains infectés par Ebola avant d’envisager une utilisation sur l’homme.

(Avec AFP)

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