Économie

Cameroun : les capitaines d’industrie à la rescousse de l’économie

Mis à jour le 13 mars 2015 à 13:25

Pour accélérer son émergence, le Cameroun a besoin d’entreprises conquérantes, rayonnant dans toute l’Afrique centrale.

« Créer un commando de capitaines d’industrie conquérants dans la perspective d’une diversification des exportations au-delà des produits primaires. » C’est l’une des recommandations phares formulées l’année dernière par le groupe de réflexion du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) afin de permettre au pays d’accélérer sa croissance économique.

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Celui-ci suggère même une « adaptation des tarifs douaniers » afin d’assurer la protection de l’industrie locale. Après tout, le groupe Dangote n’est-il pas devenu un champion africain parce que les barrières à l’importation instaurées par le Nigeria dans certaines filières lui ont permis de s’imposer localement, de développer des expertises puis de s’exporter ?

Il faut dire que le Cameroun, poids lourd économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) avec la plus importante population de la zone (plus de 20 millions d’habitants), pourrait compter davantage de grands groupes privés rayonnant dans cette région. Mais pour les voir se développer, « l’État doit donner une orientation au secteur privé et le soutenir dans des domaines clés comme l’agro-industrie ou la construction », explique le patron d’une banque locale.

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Incursion

Ceux qui ont déjà réussi à s’imposer aux niveaux régional et continental sont peu nombreux. Parmi eux, Afriland First Group, fondé au Cameroun par Paul Kammogne Fokam et dont le siège juridique est installé en Suisse. Il est devenu le deuxième groupe financier d’Afrique centrale avec un total de bilan de 3,1 milliards d’euros en 2014, derrière le groupe gabonais BGFI Bank.

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Leader sur le marché camerounais avec sa filiale locale, il est présent dans une dizaine de pays, de la Zambie au Liberia en passant par la RD Congo et la Guinée équatoriale. En 2014, le groupe a fait sa première incursion dans l’autre zone F CFA, en Côte d’Ivoire, après avoir finalisé l’acquisition de la filiale locale du nigérian Access Bank fin 2013. Dans l’industrie cosmétique, Francis Nana Djomou a bâti avec succès le groupe Biopharma, aujourd’hui actif dans 22 pays du continent, où il réalise environ 60 % de son chiffre d’affaires, qui atteint près de 229 millions d’euros.

D’autres sociétés privées tentent elles aussi de rayonner au-delà des frontières du Cameroun, telles que Hysacam, dans le domaine de l’assainissement et de la salubrité, ou le groupe Fokou, dans la distribution… Mais avec difficulté.

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