Politique

Palestine : l’OLP menace de suspendre sa coopération sécuritaire avec Israël

L’organisation de la libération de la Palestine (OLP), un organe-clé de la direction palestinienne, a réclamé jeudi 5 mars la fin de la coopération sécuritaire avec Israël. Mais le président Mahmoud Abbas hésite encore à mettre en application une disposition qui pourrait définitivement entraver le processus de paix.

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Mis à jour le 6 mars 2015 à 14:28

Le président palestinien Mahmoud Abbas. © Majdi Mohammed/AP

Les relations s’enveniment encore un peu plus entre Israël et l’Autorité palestinienne. Le Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), un organe éminent de la direction palestinienne, a décidé jeudi soir de rompre la coopération sécuritaire avec Israël. Une décision prise notamment en réaction "aux violations constantes, par Israël, de ses obligations".

Cette mesure, qui n’a pas forcément vocation à être appliquée dans l’immédiat, doit être désormais validée par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a maintes fois brandi cette menace sans jamais la mettre à exécution.

L’annonce est intervenue à l’issue d’une réunion de deux jours de l’OLP à Ramallah, siège de l’Autorité en Cisjordanie occupée. Aucun calendrier n’a pour l’instant été fixé. 

La fin de l’Autorité palestinienne ?

Les mesures doivent à présent être mises en application par le Comité exécutif de l’Organisation, affirme un communiqué de la centrale palestinienne qui exige "l’arrêt de la coopération sécuritaire sous toutes ses formes avec la puissance occupante".

Le Conseil central de l’organisation historique (CCOLP) appelle également "la puissance occupante à prendre toutes ses responsabilités envers le peuple palestinien dans l’État de Palestine occupé, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza", ce qui, autrement dit, équivaudrait à une dissolution de l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas. En effet, en validant la mesure de l’OLP, l’Autorité palestinienne romprait de fait une partie de son rôle défini dans les accords d’Oslo sur l’autonomie en 1994 et n’aurait plus vocation à continuer à exister sous sa forme actuelle. 

À l’ouverture de la réunion du CCOLP mercredi, Mahmoud Abbas avait déjà affirmé qu’il fallait "revoir les prérogatives" de l’Autorité palestinienne, entité intérimaire qui tient lieu d’État dans l’attente d’une solution au conflit israélo-palestinien. Mais certaines voix au sein de l’organisation ont mis en garde contre une "arme à double tranchant". Car un effondrement de l’Autorité soumettrait de fait 4,6 millions de Palestiniens et toutes leurs villes à l’occupation israélienne. Washington estime en effet que "dissoudre l’Autorité mènerait droit à la crise".

Sur fond de campagne électorale israélienne, où Benyamin Netanyahu est favori à sa propre succession, le CCOLP affirme ainsi répondre "à la poursuite de la colonisation des Territoires occupés et du refus d’Israël de transférer à l’Autorité les taxes qu’il collecte en son nom depuis janvier".

Israël retient en effet près d’un demi-milliard d’euros dû à l’Autorité depuis qu’elle a demandé en janvier l’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI). Les Palestiniens ont d’ailleurs l’intention de présenter, dès le 1er avril, leurs premières accusations contre les dirigeants israéliens.

(Avec AFP)