Économie

Pourquoi le Mali attend toujours son troisième opérateur mobile

Planor Afrique, futur 3e opérateur télécoms au Mali, a enfin un directeur général, a appris « Jeune Afrique ». De quoi s’attendre enfin au démarrage des activités ? Pas si vite.

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Mis à jour le 9 mars 2015 à 10:30

La mise en oeuvre de la 3e licence d’opérateur télécoms au Mali a longtemps été bloquée par un conflit d’actionnaires. © Vincent Fournier/JA

Depuis quelques semaines, Planor Afrique, futur troisième opérateur de télécoms au Mali, a enfin un directeur général : le Franco-Tunisien Moncef Mettiji, un ancien d’Etisalat en Tanzanie et de l’équipementier Ericsson, a appris Jeune Afrique. De quoi espérer un lancement des activités, deux ans après la réattribution de la licence au groupe d’Apollinaire Compaoré.

Selon nos informations, celui-ci était fin février à Paris, notamment pour boucler le financement de son projet estimé à 55 milliards de F CFA. Propriétaire d’un quart du capital de MTN Côte d’Ivoire, le patron burkinabè n’est pas très inquiet : il estime avoir les reins solides.

Conflit

Mais il admet avoir commis une erreur : celle d’avoir voulu, dès le démarrage, couvrir la quasi-totalité du territoire. Au final, le futur nouvel opérateur se limitera à quelques grandes villes. Le conflit ouvert avec Cesse Komé, l’ancien associé de Compaoré (au sein du consortium qui avait décroché la licence en 2012), qui a entamé une procédure d’arbitrage contre l’État malien, n’a rien arrangé.

Un autre dossier judiciaire pesait également sur la sérénité du groupe : une procédure interminable contre Etisalat au sujet de la propriété de Telecel Faso, l’opérateur de télécoms burkinabè détenu par Planor. Celle-ci est en voie d’être réglée à la suite du rachat de Maroc Télécom (qui possède un autre opérateur burkinabè, Onatel) par le groupe émirati.

Selon nos sources, un protocole d’accord a été signé il y a quelques mois entre Planor et Etisalat : ce dernier renoncerait à la propriété de Telecel Faso et aux procédures juridiques en échange d’un dédommagement. Finalisée prochainement, l’entente devrait permettre au groupe burkinabè de se consacrer à son aventure malienne.