Politique

La Libye demande la levée de l’embargo sur les armes aux Nations unies

Mohammed al-Dairi, le ministre libyen des Affaires étrangères, a demandé mercredi à l’ONU de lever l’embargo sur les armes imposé à son pays afin de mieux lutter contre les groupes jihadistes. Il a aussi souligné que la Libye ne demandait pas une intervention militaire internationale.

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Mis à jour le 19 février 2015 à 09:27

Le ministre libyen des Affaires étrangères Mohammed al-Dairi à Khartoum, le 4 décembre 2014. © AFP

Selon des diplomates, un projet de résolution en faveur d’une levée de l’embargo sur les armes en Libye, mis au point par le groupe des pays arabes à l’ONU, devait être distribué mercredi 18 février aux quinze pays membres du Conseil de sécurité par la Jordanie, seul membre arabe du Conseil. Aucune décision n’est toutefois attendue dans l’immédiat.

Mohammed al-Dairi, le ministre libyen des Affaires étrangères, a appelé la communauté internationale à "aider (son pays) à renforcer ses capacités militaires nationales". "Cela implique de lever l’embargo sur les armes pour que notre armée puisse recevoir des équipements et des armes pour lutter contre le terrorisme", a-t-il ajouté lors d’une session du Conseil consacrée à la Libye. Il a déploré que, bien que les groupes jihadistes opérant à partir de la Libye "menacent l’Afrique et l’Europe", son pays "ne reçoive pas la même attention que la Syrie ou l’Irak".

Les Russes réticents à la levée de l’embargo

Il a cependant souligné que la Libye "ne demandait pas une intervention internationale", contrairement à ce qu’avaient laissé entendre des responsables égyptiens à la suite de l’assassinat en Libye de coptes égyptiens par le groupe État islamique (EI). Sameh Choukri, le ministre égyptien des Affaires étrangères, qui s’est lui aussi adressé mercredi au Conseil, a affirmé que le projet de résolution prévoyait une "levée des restrictions" sur les armes à destination du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale. Il faudrait aussi, selon lui, "imposer un blocus naval" pour empêcher la livraison d’armes à des milices opérant dans les régions de Libye "échappant au contrôle des autorités légitimes".

Plusieurs membres du Conseil, dont la Russie, sont réticents à lever l’embargo imposé depuis 2011 à la Libye, évoquant le risque de voir des armes tomber entre de mauvaises mains. De leur côté, les États-Unis, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne ont marqué mardi dans une déclaration commune leur préférence pour une "solution politique du conflit" en Libye.

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Le Qatar rappelle son ambassadeur au Caire

Bernadino Leon, le représentant de l’ONU en Libye, a dit mercredi "espérer qu’un accord politique pourra bientôt être trouvé" entre les factions en Libye, pour permettre la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Après avoir envoyé lundi ses avions bombarder des positions de la branche libyenne de l’EI, en représailles à la décapitation de 21 chrétiens coptes, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait estimé qu’il n’y avait pas "d’autre choix" que de demander à l’ONU d’autoriser une intervention militaire menée par une coalition internationale.

Mais les ardeurs égyptiennes ont été douchées par des communiqués prudents des gouvernements occidentaux. La Tunisie s’est également opposée mercredi à toute intervention militaire chez son voisin. Quant au Qatar, il a rappelé jeudi son ambassadeur en Égypte à la suite d’un différend survenu lors d’une réunion de la Ligue arabe sur les raids aériens égyptiens. D’après plusieurs médias, le délégué égyptien aurait accusé le Qatar de soutenir le terrorisme, provoquant la colère des Qataris.

"Nous avons abandonné la Libye"

Mardi, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, avait appelé à affronter le "problème" libyen, estimant que "la mission n’avait pas été achevée" par les Européens, en référence à la coalition internationale ayant mené l’intervention militaire de 2011. "Nous avons abandonné le peuple libyen, prisonnier de milices extrémistes", avait-il déploré. Il s’est rendu mercredi sur une base aérienne dans l’ouest de l’Égypte pour inspecter les forces chargées de sécuriser la frontière avec la Libye, leur demandant "de maintenir le plus haut degré de préparation pour mener à bien toute mission pour la protection de la souveraineté de l’Égypte".

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L’armée égyptienne est déjà confrontée sur son sol, dans le Sinaï (Est), à l’insurrection du groupe jihadiste Ansar Beït al-Maqdess, qui a fait allégeance à l’EI en novembre. Plongée dans le chaos, la Libye est morcelée et sous la coupe de diverses milices, jihadistes ou non.

(Avec AFP)