Justice

Racisme : le refoulement d’un Franco-Mauritanien du métro parisien par des fans de Chelsea suscite l’indignation

Des supporteurs de Chelsea refoulent un homme du métro à Paris parce qu'il est noir.

Des supporteurs de Chelsea refoulent un homme du métro à Paris parce qu'il est noir. © Capture d'écran/Guardian Wires/Youtube

Des supporteurs du club de football de Chelsea ont violemment empêché un Franco-Mauritanien noir de monter dans une rame du métro parisien mardi soir, se disant racistes et fiers de l’être. La scène, captée sur vidéo, soulève l’indignation générale et fait l'objet d'une enquête judiciaire franco-britannique.

Souleymane S. a livré son témoignage au Parisien qui lui a fait découvrir la vidéo au lendemain des évènements du mardi 17 février. Ce soir là, après le match Chelsea-PSG, le Franco-Mauritanien, né à Paris, a tenté de monter dans une rame du métro à la station Richelieu-Drouot avant d’être repoussé à plusieurs reprises par des supporteurs du club anglais. "J’ai bien compris aussi qu’ils s’en prenaient à moi à cause de la couleur de ma peau. Vous savez, je vis avec le racisme, je n’étais pas vraiment surpris de ce qui m’arrivait même si c’était une première dans le métro." 

Que dire à mes enfants ? Que papa s’est fait bousculer dans le métro parce qu’il est noir ? Cela ne sert à rien.

La scène a duré plusieurs minutes, raconte l’homme de 33 ans. Pendant que les supporteurs chantaient : "Nous somme racistes, nous sommes racistes et on aime ça", certains usagers sont descendus de la rame, mais la plupart n’ont pas réagi. "Au bout d’un moment, des agents de la RATP sont intervenus, poursuit Souleymane. Mais seulement pour s’assurer qu’il n’y avait pas de bagarre. Leur objectif, c’était que le trafic reprenne sur la ligne. Aucun usager n’a pris ma défense mais, de toute façon, que pouvait-on faire ? Ensuite, le métro est reparti et, moi, j’ai attendu le métro suivant. Je suis rentré chez moi sans parler de cette histoire à personne, ni à ma femme ni à mes enfants. (…) Et puis, que dire à mes enfants ? Que papa s’est fait bousculer dans le métro parce qu’il est noir ? Cela ne sert à rien."

Contre l’imunité

Le père de famille prévoit porter plainte : "Ces personnes, ces supporteurs anglais, doivent être retrouvés, punis et doivent être enfermés. Ce qui s’est passé ne doit pas rester impuni." En collaboration avec Scotland-Yard, la justice française a ouvert une enquête mercredi matin pour "violences volontaires en raison de la race dans un moyen de transport collectif de voyageurs". Un délit passible de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende dans l’Hexagone.

La vidéo, filmée par un témoin sur le quai de la station Richelieu-Drouot et publiée par The Guardian, a quant à elle déjà été visionnée plus de 200 000 fois.

Condamnation de Chelsea

Le club de Chelsea, où évolue notamment l’Ivoirien Didier Drogba, a condamné cet "incident" sur son site Internet. L’organisation lance même un appel à témoins pour retrouver les coupables : "Ce comportement est odieux et n’a ni sa place dans le football ni dans notre société. Nous supporterons toute action pénale contre les gens impliqués. S’il devait y avoir des preuves de l’implication de détenteurs d’abonnements de saison ou de membres du club de Chelsea, l’organisation prendra les mesures le plus fortes contre eux, incluant des mesures d’interdiction."

Indignation sur les réseaux sociaux

Sur Twitter, les réactions indignées se sont multipliées. Le joueur de football anglais, Ian Wright n’ pas tardé à pointer les nombreux déboires racistes liés à l’histoire du club de Chelsea. Son message a été retweeté 1800 fois. Un autre footballeur anglais, Stan Collymore, a lui aussi partagé son émotion en évoquant l’intérêt de bannir les supporteurs fautifs pour le reste de la saison.

 

Cet incident vient ternir une fois de plus l’image de la Premier League qui n’en est pas à son premier scandale. En novembre 2011, des chants racistes avaient été proférés par des supporteurs de Chelsea à l’endroit d’Anton Ferdinand, jouer de Queen’s park Rangers. Chelsea avait vivement condamné ces agissements. Mais depuis, rien n’a visiblement changé.

(Avec AFP)

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte