Elections

Soudan : début de la campagne pour une réélection quasi-certaine d’Omar el-Béchir

| Par Jeune Afrique
Le président soudanais, Omar el-Béchir.

Le président soudanais, Omar el-Béchir. © AFP

La campagne pour les élections présidentielle et législatives débute ce mardi au Soudan. Le président Omar el-Béchir est presque assuré d’être réélu, le tout sur fond de boycott de l’opposition et de répression des médias.

 

 

Omar el-Béchir ultra-favori

Candidat à sa propre succession à la présidentielle du 13 avril, Omar el-Béchir, 71 ans, a pris le pouvoir en 1989 à la faveur d’un coup d’État soutenu par les islamistes et ne l’a pas lâché depuis. Il est réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crime de guerre et crime contre l’humanité au Darfour, région de l’ouest du pays en proie au violences depuis plus d’une décennie.

Le parti d’Omar el-Béchir, le Parti du Congrès national (PCN), tenait dès mardi matin son premier meeting, à Khartoum. Les autres candidats – 14, selon la Commission électorale nationale (NEC) – ne devraient pas, eux, organiser de grandes réunions ni fournir de réel adversaire au président. « Les autres candidats ne sont même pas vraiment connus du public, ils n’appartiennent pas aux principaux partis politiques, donc je pense que c’est une élection à un candidat », estime Khaled al-Tijani, ancien rédacteur en chef d’un quotidien soudanais.

El-Béchir, qui récemment le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov , cherche à « polir » son image à l’international. Il est actuellement en visite aux Émirats arabes Unis, où il devait assurer à ses interlocuteurs que le Soudan n’est plus isolé des autres pays arabes. Le président soudanais était attendu mardi à Khartoum pour le lancement de sa campagne électorale.

>> Lire aussi Soudan : le président Béchir candidat à sa réélection en avril

Nouveau boycott de l’opposition

Selon la NEC, 13,6 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales, pour une population estimée à 35 millions d’habitants. On ignore combien se rendront effectivement aux urnes, alors que les principaux partis d’opposition ont appelé à boycotter les élections, comme ils l’avaient déjà fait en 2010.

Pour le scrutin du 13 avril, l’opposition s’est montrée plus unie et a signé en décembre un accord politique. Baptisé « l’Appel du Soudan », il réclame l’instauration d’un gouvernement de transition garant de la tenue d’élections impartiales. Certains opposants ont aussi lancé une pétition demandant à Omar el-Béchir de se retirer, ce qui, admettent-ils eux mêmes, n’aura probablement pas d’effet concret.

« Nous ne disons pas que nous voulons que personne ne vote, nous offrons juste un espace à ceux qui veulent dire non », explique Rabah al-Mahdi, fille du chef du parti d’opposition Oumma et membre du comité responsable des médias pour l’Appel du Soudan.

Le pouvoir reste vigilant

Si le gouvernement semble à peu près certain de conserver le pouvoir, il n’en apparaît pas moins sur ses gardes ces derniers mois. En novembre, il a lancé une offensive contre les rebelles au Darfour, ainsi que dans les États du Nil Bleu et du Kordofan-Sud. Au Darfour, où les rebelles, s’estimant marginalisés par l’élite arabe, combattent les forces gouvernementales depuis 2003, des milliers de personnes sont chassées de chez elles chaque semaine par les violences.

Selon des chiffres de l’ONU, plus de 300 000 personnes sont mortes et 2,5 millions ont été déplacées en une décennie de conflit. Dans la capitale, le très puissant Service nationale d’intelligence et de sécurité (NISS) a particulièrement visé les médias et saisi les rotatives de 18 journaux les 16 et 18 février. Il s’agit de l’une des plus grosses opérations de ce genre ces dernières années.

Les agents du NISS saisissent régulièrement des journaux lorsqu’ils publient des articles qu’ils estiment inappropriés, mais la dernière opération a aussi visé des journaux pro-gouvernementaux. Pour Reporter sans frontières, ce genre d’actions « risquent de se multiplier » à l’approche des élections. « Le gouvernement semble vouloir supprimer toute publication dont pourrait naître un débat », a affirmé l’ONG dans un communiqué.

(Avec AFP)

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