Politique

Ebola : à Bruxelles, les pays touchés demandent un « plan Marshall » pour se relever

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Réunion pour la lutte contre le virus Ebola à Bruxelles, le 3 mars 2015.

Réunion pour la lutte contre le virus Ebola à Bruxelles, le 3 mars 2015. © Thierry Charlier/AFP

Alors que l’épidémie d’Ebola s’éternise en Afrique de l’Ouest, une conférence des acteurs de la lutte contre le virus s’est tenu ce mardi à Bruxelles. Les trois pays les plus touchés appellent la communauté internationale à lancer un « plan Marshall » pour redresser leurs économies afin de gagner la guerre contre la maladie.

Surtout, ne pas baisser la garde. C’est en substance le message que veulent faire passer aujourd’hui les dirigeants des trois pays africains les plus touchés par l’épidémie d’Ebola. Réunis au Plais d’Egmont, à Bruxelles, pour une « Conférence de haut niveau sur Ebola » organisée par l’Union européenne, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le Sierra-Léonais Ernest Bai Koroma et le guinéen Alpha Condé – accompagnés du président congolais Denis Sassou Nguesso et du Premier ministre togolais, Arthème Ahoomey-Zunu – sont venus faire le point sur la situation dans leurs pays respectifs et demander à la communauté internationale de continuer de se mobiliser.

« Les progrès sont importants, le nombre de cas diminuent, les écoles rouvrent, etc… a déclaré la présidente libérienne. Mais le travail n’est pas terminé et nous en sommes conscients. Nous ne pourrons commencer à nous redresser qu’après avoir atteint le stade de « Zéro cas d’Ebola ». Un objectif que la Guinée, la Sierra-Léone et le Liberia veulent atteindre d’ici la mi-avril.

L’impact d’Ebola sur nos économies a été profond, a témoigné Ellen Johnson Sirleaf.

Si les dirigeants des trois pays ont reconnu que la situation s’améliorait sur un plan sanitaire (malgré les près 9 700 morts et 24 000 cas recensés à ce jour), tous ont tenu à mettre l’accent sur la nécessité de penser désormais à la « reconstruction  économique » de leurs pays, ne serait-ce que pour pouvoir remettre sur pieds leurs systèmes de santé. « L’impact d’Ebola sur nos économies a été profond« , a témoigné Ellen Johnson Sirleaf qui, comme ses homologues guinéen et sierra-léonais, a tenu à remercier les pays dont les compagnies aériennes – notamment Belgique, France, Maroc et Côte d’Ivoire – ont maintenu des vols réguliers avec les trois pays les plus touchés.

« Des plans et stratégies de redressement » doivent être mis en place, a affirmé la présidente du Liberia. « Il n’y a aucun doute que cela va requérir des ressources significatives, même un plan Marshall », tel celui adopté par les États-Uinis pour lancer la reconstruction de l’Europe après la Seconde guerre mondiale, a-t-elle ajouté.

Effets d’annonce

Accompagné de ses ministres de la Santé, des Affaires étrangères et de l’Économie, Alpha Condé a abondé dans le même sens que Sirleaf, confirmant que le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée vont « présenter un plan régional » lors d’une réunion en avril de la Banque Mondiale et du FMI. Et le président guinéen de mettre les pieds dans le plat, avec son franc-parler habituel : « Nous souhaitons que l’Union européenne fasse de nouveaux efforts, que des moyens supplémentaires soient déployés pour encourager les investisseurs à revenir dans nos pays, afin de soutenir nos secteurs privés, de relancer nos économies et de restaurer nos système de santé. Vous savez, nos peuples pensent que nous recevons beaucoup d’argent, donc nous souhaitons qu’il y ait de nouveau fonds mobilisés, mais que nous n’en restions pas seulement aux effets d’annonces… qu’il y ait aussi de véritables décaissements. »

>> Voir notre datavisualisation sur Ebola : qui donne, combien et à qui ?

Un problème également relevé par David Nabarro, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour Ebola : « La lutte contre Ebola coûte cher. Sur les 1,5 milliard de dollars qui doivent être mobilisés par le système des Nations unies en 2015 pour mettre fin à cette épidémie, 600 millions sont déjà disponibles grâce aux généreuses contributions des gouvernements, mais il reste encore 900 millions de dollars à recueillir. Sachant que sur cette somme restante, nous considérons que 400 millions de dollars sont nécessaires urgemment afin d’atteindre le stade de zéro cas. »

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Haby Niakaté, envoyée spéciale à Bruxelles

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