Politique

Algérie : Karim Achoui, le droit au retour

Karim Achoui, à Paris, en septembre 2013. © MARTIN BUREAU / AFP

Ce Franco-Algérien s'est fait connaître comme l'avocat des figures du milieu. En s'inscrivant au barreau d'Alger, il a trouvé le moyen de contourner l'interdiction de plaider qui le frappait en France.

C’est l’histoire d’une rédemption. Ou du moins, ça y ressemble… Karim Achoui, 47 ans, longtemps surnommé "l’avocat du milieu" pour avoir défendu des figures du grand banditisme et radié du barreau de Paris en 2012, peut à nouveau exercer sa profession. Le 14 février, il a prêté serment au barreau… d’Alger. "Je suis irrévocablement français, mais je me sens viscéralement attaché à l’Algérie. […] Ce pays dans lequel être avocat résonne encore avec beaucoup d’éclat", déclare-t-il sur sa page Facebook.

Exerçant désormais au sein du cabinet du bâtonnier d’Alger, Abdelmadjid Silini, spécialiste du droit des affaires, il pourra aussi plaider à l’étranger, et notamment en France, en vertu d’un accord d’août 1962, prévoyant que les avocats inscrits dans un barreau en Algérie peuvent exercer devant les juridictions françaises, et vice-versa. Revenir par la fenêtre après avoir été mis dehors par la porte, Karim Achoui en a fait une spécialité.

Né à Boulogne-Billancourt, près de Paris, de parents kabyles – son père était ouvrier chez Renault et sa mère, assistante maternelle -, il s’oriente très vite vers le droit, un milieu où, au début des années 1990, son profil détonne. Rapidement, ce Franco-Algérien se fait un nom. Il passe notamment par le cabinet de Jacques Vergès, gagne beaucoup d’argent et affiche sa réussite.

En 2001, il ouvre son propre cabinet. C’est la gloire. Mais, rapidement, le vent tourne. En 2005, il est mis en examen pour complicité dans l’évasion d’Antonio Ferrara (il sera acquitté en 2010), puis poursuivi pour subornation de témoin, complicité de faux, etc. En 2007, il est victime d’une tentative d’assassinat et, l’année suivante, se voit suspendu de ses fonctions pour cinq ans. Cette descente aux enfers se conclut par sa radiation du barreau en 2012.

Une association qui représente les victimes de l’islamophobie

Mais Achoui rebondit en créant, en 2013, la Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM), une association qui représente les victimes de l’islamophobie – ce qui lui permet au passage de rester sous les projecteurs. Toutefois, dans l’ombre, l’avocat n’a jamais réellement abandonné son domaine de prédilection, la défense des malfrats, conseillant en sous-main d’autres avocats. Depuis le 14 février, il peut désormais le faire en pleine lumière et retrouver, ce qui lui manquait tant, comme il le disait en novembre 2014, "l’ambiance singulière du tribunal, du prétoire".

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