Politique

Présidentielle nigériane : Attahiru Jega sera-t-il l’homme de la situation ?

Attahiru Jega, ici, le 7 février, jour de l'annonce du report du scrutin. © Olamikan Gbemiga/AP/Sipa

Pour Attahiru Jega, le patron de la Commission électorale, veiller au bon déroulement de la présidentielle sera une gageure.

Son mandat prendra fin en juin, mais Attahiru Jega, le patron de la Commission électorale nationale indépendante (Inec, en anglais), devra d’ici là relever un défi de taille : veiller au bon déroulement de la présidentielle, reportée au 28 mars.

Il sait, bien sûr, l’ampleur de la tâche qui l’attend, lui qui a déjà été chargé de l’organisation des scrutins de 2011 et qui, dans sa jeunesse, a eu maille à partir avec la junte dirigée par Ibrahim Babangida. À l’époque, Jega présidait l’Academic Staff Union of Universities (Asuu), un puissant syndicat enseignant qui ne cachait pas son opposition au gouvernement – lequel l’avait d’ailleurs fait interdire temporairement à la fin des années 1980. Pugnace, Jega avait tout de même réussi à arracher la signature d’un accord inédit, en 1992, qui garantissait aux professeurs des augmentations de salaire et une amélioration de leurs conditions de travail. Le texte promettait aussi de mieux doter les universités nigérianes.

En 2010 , sa nomination avait été unanimement saluée, Jega étant perçu comme suffisamment indépendant pour parvenir à restaurer la confiance de l’opinion.

Et de la pugnacité, il en faudra à ce professeur de sciences politiques, diplômé de l’université Bayero, dans l’État de Kano, puis de la Northwestern, aux États-Unis, pour "survivre" aux prochaines semaines. Nommé par Goodluck Jonathan en juin 2010, il a remplacé Maurice Iwu, qui est resté dans toutes les mémoires comme l’organisateur de l’un des scrutins les moins crédibles que le Nigeria ait jamais connu, en 2007, dans une histoire électorale pourtant marquée par de nombreux soubresauts.

Tirer les leçons de ses erreurs

En 2010 donc, la nomination de Jega avait été unanimement saluée, l’homme étant perçu comme suffisamment indépendant pour parvenir à restaurer la confiance de l’opinion. Mais il a aussi connu quelques ratés : en 2011, le manque de préparation avait obligé à reporter l’élection présidentielle d’une semaine. Même chose pour les scrutins locaux organisés dans l’État d’Anambra, en novembre 2013. Les élections qui ont suivi (dans les États d’Ekiti et d’Osun) ont toutefois démontré que Jega savait tirer les leçons de ses erreurs.

Et cela tombe bien. Parce que, début février, ce n’est pas la Commission électorale qui a demandé que la présidentielle soit décalée à la fin du mois de mars. Cette décision a été prise à la demande des services de renseignements et des militaires, soudain inquiets de la situation sécuritaire dans le Nord-Est. Jega saura-t-il être ferme avec l’armée dans les prochaines semaines, comme il a su, autrefois, dire non à Babangida ? Là est toute la question.

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