Économie

CMA CGM inaugure son port sec de Douala

Le transporteur maritime CMA CGM a inauguré le 19 février sa plateforme logistique située près du port de Douala, après un investissement de 5 millions d’euros. Confirmant sa stratégie de développement terrestre dans le cadre d’une entité spécialisée baptisée CMA CGM Inland Services.

Mis à jour le 20 février 2015 à 11:51

La nouvelle plateforme logistique de CMA CGM à Douala. © CMA CGM

Dans le le terminal 3CTC (CMA CGM Cameroun Container Terminal), 200 à 300 conteneurs sont déjà là. Inaugurée le 19 février mais opérationnelle depuis le 7 janvier, la nouvelle plateforme logistique du numéro trois mondial du transport maritime en conteneurs, CMA CGM, vient en effet à point nommé pour soulager un peu l’énorme congestion que connaît le port de Douala depuis plusieurs mois. Situé entre la rocade de Douala et la zone portuaire, ce « port sec » de 2 hectares permet aux clients du groupe français de stocker des conteneurs, vides ou pleins, « dans une zone sécurisée de 1200 m2 ». A partir de 3CTC, il est également possible d’organiser « l’acheminement des marchandises par transport terrestre, au Cameroun mais aussi vers le Tchad et la république Centrafricaine », précise un communiqué de presse du transporteur maritime.

« La décision d’ouvrir cette plateforme a été prise deux avant l’engorgement au port de Douala. Mais je reconnais que la congestion a accéléré les choses », explique Alexis Michel, directeur central Logistique Conteneurs, Intermodal & Reefer, à Jeune Afrique. Au port de Douala, en effet, les conteneurs s’accumulent et les navires de CMA CGM doivent attendre en moyenne trois semaines avant de pouvoir être déchargés. Le groupe français, qui escale deux fois par semaine dans le port de la capitale économique camerounais, estime qu’il pourrait faire plus si le problème de la congestion était résolue.

CMA CGM a ouvert l’an passé une plateforme à Dakar et mis en place au cours des deux dernières années 14 hubs terrestres.

14 hubs terrestres

Créée dans le cadre d’une concession attribuée pour 25 ans, la nouvelle plateforme logistique a été développée moyennant un investissement de 5 millions d’euros (un peu plus de trois milliards de FCFA). Elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie de CMA CGM de se développer à terre, notamment via la création de ports secs. Le groupe maritime a d’ailleurs annoncé également la création d’une entité spécialisée CCIS (CMA CGM Inland Services).

« CMA CGM a ouvert l’an passé une plateforme à Dakar (Sénégal) et mis en place au cours des deux dernières années 14 hubs terrestres, créant des corridors de transport entre les pays de l’intérieur et les pays côtiers », explique le groupe dans un communiqué. Récemment, il a également annoncé une alliance avec le groupe angolais Multiparques, pour répondre à l’appel d’offres relatif à la concession du terminal à conteneurs de Lobito mais aussi pour développer des plateformes logistiques à l’intérieur du pays.

Présent dans 43 pays au sud du Sahara, le groupe CMA CGM (qui a notamment racheté la compagnie Delmas fin 2005) compte aujourd’hui dans cette zone plus de 1300 collaborateurs. Il réalise en Afrique environ 10% de son chiffre d’affaires mondial (qui s’est élevé selon les premières estimations à une quinzaine de milliards d’euros en 2014).

Candidat à Kribi

Au Cameroun, CMA CGM est également candidat à l’appel d’offres pour le terminal à conteneurs de Kribi, en association avec Bolloré Africa Logistics et China Harbour Engineering Company (CHEC). Après sa défaite lors de l’attribution du deuxième terminal à conteneurs à Abidjan, CMA CGM compte beaucoup sur cette opération dont les résultats devraient, selon les informations de Jeune Afrique, être connus avant la fin du premier trimestre. « Si nous remportons l’appel d’offres, nous pourrons envoyer un navire sur Kribi dès le dernier trimestre de l’année », souligne Alexis Michel. Le groupe cherche en effet à développer son propre hub de transbordement en Afrique de l’Ouest, ce qui lui permettrait d’envoyer des navires plus gros dans la région.

Omer Mbadi, à Douala, avec Frédéric Maury

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