Télécoms

Résultats en légère hausse pour Maroc Telecom, porté par ses filiales subsahariennes

Maroc Telecom est présent dans dix pays africains, suite au rachat des filiales d'Etisalat en Afrique subsaharienne.

Maroc Telecom est présent dans dix pays africains, suite au rachat des filiales d'Etisalat en Afrique subsaharienne. © Jean-Luc Grzeskowiak/AFP

Maroc Telecom a renoué avec la croissance en 2014, après quatre années de résultats négatifs. Une croissance portée en grande partie par les filiales subsahariennes de l'opérateur.

Comme le laissaient présager ses résultats intermédiaires, notamment ceux du troisième trimestre, Maroc Telecom a renoué avec la croissance en 2014. Son chiffre d’affaires, en baisse depuis quatre ans, a enregistré une hausse de 2,1 % à 29,1 milliards de dirhams (2,69 milliards d’euros). Une croissance tirée en grande partie par les filiales subsahariennes dont l’activité a progressé de 11,3 % à 8,63 milliards de dirhams (797 millions d’euros) sur l’ensemble de l’année, tandis qu’elles enregistraient un léger recul de 0,8 % au Maroc à 21,13 milliards de dirhams (1,95 milliard d’euros) malgré un bon second semestre (+0,9 %).

Rentabilité

L’opérateur télécoms marocain enregistre un résultat net part du groupe à 5,85 milliards de dirhams, soit une hausse de 5,6 % « sous l’effet principalement d’une base de comparaison favorable provenant de la comptabilisation en 2013 d’une charge exceptionnelle liée au règlement d’un litige fiscal », reconnaît l’opérateur télécoms, qui a décidé néanmoins de distribuer en dividende la totalité des gains réalisés. Au grand bonheur de ses actionnaires : l’émirati Etisalat et l’État marocain ainsi que des détenteurs du titre à Casablanca et Paris.

En 2014, Maroc Telecom a enregistré un Ebitda – un indicateur proche de l’excédent brut d’exploitation – de 15,691 milliards de dirhams, en recul de 3,2 %. La marge Ebidta de l’opérateur chérifien est elle aussi en chute de 2,9 points à 53,8 % – un niveau qui reste assez élevé.

Sans intérêts

Revenant sur les faits marquants de l’année écoulée, durant une conférence de presse organisé ce lundi à Rabat, Abdeslam Ahizoune, président du directoire de Maroc Telecom a livré plusieurs détails sur le transfert des six filiales d’Etisalat en Afrique subsaharienne au groupe marocain. Une transaction bouclée le 26 janvier dernier, mais dont le paiement n’est pas encore terminé.

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« Nous avons convenu avec Etisalat d’un paiement sur cinq tranches, et sans intérêts. Une première tranche de 102 millions d’euros a été réglée le jour du closing », a-t-il précisé. Les nouveaux actionnaires de Maroc Telecom vont d’ailleurs mettre la main à la poche pour soutenir l’opérateur historique du royaume dans l’effort d’investissement nécessaire pour redresser ses six nouvelles filiales.

Etisalat a ainsi consenti à Maroc Telecom un prêt de 200 millions de dollars sur cinq ans, toujours sans intérêts. « Les six filiales que nous avons récupéré ne sont pas en très bon état. Et nous avons besoin besoin d’investir massivement pour les mettre aux standards du groupe », a expliqué le président du directoire du groupe marocain, qui est désormais présent dans dix pays africains.

Partage

Durant son intervention, Abdeslam Ahizoune a également pris le temps de commenter la décision du régulateur télécoms marocain l’ANRT qui oblige Maroc Telecom à partager ses infrastructures avec ses deux concurrents, Méditel et Inwi. « Je ne suis pas contre les décisions de l’ANRT, [même si] nous [les] jugeons au passage inéquitables, mais je dis simplement que cela va freiner l’effort d’investissement dans le secteur. Ce qui n’est pas une bonne chose quand on sait que le Maroc est encore sous équipé », a-t-il lancé.

Le président du directoire de Maroc Telecom a toutefois relativisé l’impact de ce partage imposé des infrastructures qui « ne concerne que l’ADSL, un un segment non rentable et où Maroc Telecom dispose de 99,94 % de parts de marché. Je ne pense pas donc que les autres opérateurs y investiront bien que l’infrastructure soit désormais disponible », a-t-il souligné.

Le patron de Maroc Telecom s’est montré toutefois moins conciliant au sujet d’amendements prévu à la loi organisant les pouvoirs du régulateur, notamment ceux visant à donner au directeur général de l’ANRT le pouvoir d’instruire les plaintes contre les opérateurs et d’imposer les sanctions découlant de ces jugements.

« Le projet de loi va donner tous les pouvoirs au DG de l’ANRT. Je trouve cela anormal, puisqu’on ne peut pas être procureur et juge. Cela n’existe d’ailleurs dans aucun autre pays », a estimé Abdeslam Ahizoune, qui revendique l’instauration d’un conseil des sages qui statue sur les dossiers remis par la direction général du régulateur.

Par Mehdi Michbal, envoyé spécial à Rabat

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