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Seydou Elimane Diarra

| Écrit par Cheikh

Ancien Premier ministre ivoirien

Seydou Elimane Diarra a occupé toutes les fonctions. Il fut directeur du Centre national de la coopération et de la mutualité agricole de la Côte d’Ivoire, directeur commercial de la Caisse de stabilisation (la fameuse Caistab), représentant permanent des pays africains auprès de l’Organisation internationale du café, ambassadeur de la Côte d’Ivoire à Brasília, à Bruxelles, puis à Londres, président d’un fonds de garantie et d’une société d’intermédiation financière, deux fois Premier ministre, avant de se retirer définitivement de la vie politique et du monde des affaires. C’était le 4 décembre 2005, jour de son éviction de la primature.
Après une carrière aussi longue que riche, Seydou Diarra goûte désormais un repos bien mérité. Entre voyages et découvertes, entre lecture et prières, ce septuagénaire – il a fêté ses 73 ans le 23 novembre dernier – n’a pas le temps de s’ennuyer. Musulman pratiquant, il est parti en pèlerinage, du 5 au 15 avril, en Arabie saoudite. De retour des Lieux saints, il s’est rendu à Dakar où il possède un appartement dans un luxueux immeuble du centre-ville. Ne supportant que très peu le froid et la solitude, Diarra s’est affranchi de la tradition qui veut que les pontes ivoiriens se trouvent un « pied-à-terre » à Paris.

L’ex-Premier ministre ivoirien navigue en fait entre son appartement dakarois et sa somptueuse villa des Deux-Plateaux, un quartier résidentiel d’Abidjan, où il vit avec Josiane, née Varre, une métisse française épousée en secondes noces, et leur fille, aujourd’hui lycéenne. Ses grands enfants, nés d’un premier lit, ont quitté le cocon familial. Le premier évolue dans le secteur du café-cacao, la deuxième est cadre dans une banque et les deux derniers achèvent leur formation dans des universités américaines.
À Abidjan, Seydou Diarra dispose d’un bureau dans un immeuble du Front lagunaire, au Plateau. Sa secrétaire organise ses rendez-vous, généralement avec des amis, d’anciens collègues, des « parents du village » S’il endosse parfois le rôle de consultant auprès d’acteurs de la filière café-cacao, c’est seulement au profit de connaissances et d’amis. Car celui qui, en février 2007, a démissionné du poste de président du conseil d’administration de la Banque internationale pour l’Afrique occidentale (Biao) – qu’il a repris après son départ de la primature – n’entend plus s’encombrer de travail. L’homme s’accommode volontiers de ses retraites d’ambassadeur, de Premier ministre et de ses pensions d’ancien businessman.
Bien qu’éloigné des affaires du pays depuis son éviction du gouvernement, Seydou Diarra ne s’est pas complètement coupé de la vie politique ivoirienne et des acteurs qui l’animent. Guillaume Soro n’a pas hésité à rendre visite au « doyen » pour recueillir ses conseils, dès sa nomination au poste de Premier ministre, le 29 mars dernier. Ce que son prédécesseur Charles Konan Banny n’avait pas jugé nécessaire de faire.
Seydou Diarra garde également de bons rapports avec le chef de l’État, Laurent Gbagbo. Ils s’appellent régulièrement et se rencontrent chaque fois que l’occasion se présente. De son côté, le leader du Rassemblement des républicains (RDR), Alassane Dramane Ouattara, se rend souvent aux Deux-Plateaux, pour échanger des idées avec celui qu’il appelle « tonton ». Tout comme le patron du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir), Pascal Affi Nguessan, que l’on voit fréquemment chez « le grand-frère Seydou ». Quant à Henri Konan Bédié, qui le connaît depuis ses années d’étude en France, il le reçoit souvent à sa résidence de Cocody-les-Ambassades.

Seydou Diarra est un homme de compromis qui, comme un vieux sage de contes mandingues, demeure, dans un pays déchiré, « le plus petit dénominateur commun ». Hostile à la confrontation, au point d’être taxé de « faible » par ses détracteurs, il apparaît comme un agneau au milieu des crocodiles du marigot politique ivoirien.
Tel un miraculé sorti d’un monde de brutes, il prend du recul, prie, lit tous les journaux, regarde toutes les télés Et reporte la rédaction de ses mémoires qui promettent pourtant de grandes révélations. Car cet homme à la carrière atypique passé de la haute administration au secteur privé, de la prison (arrêté en 1963, il fut incarcéré deux ans pour « complot » contre le président Félix Houphouët-Boigny) à la tête du gouvernement, a sûrement bien des choses à dire…

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