Santé

Algérie : l’aventure européenne des laboratoires Salem

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La PME veut déposer une quinzaine de demandes d'autorisation de mise sur le marché par an. DR

La PME veut déposer une quinzaine de demandes d'autorisation de mise sur le marché par an. DR ©

L’entreprise pharmaceutique algérienne Laboratoires Salem a repris, il y a trois ans, un site français de la multinationale Bristol Myers Squibb. Grâce à son nouveau savoir-faire, le génériqueur y développe de nouveaux produits pour l’Afrique et l’Europe.

En 2010, les Laboratoires Salem, une PME pharmaceutique algérienne spécialisée dans les génériques, a repris une unité de production de la multinationale Bristol Myers Squibb (BMS), à Meymac, en Corrèze, dans le sud de la France. Un vrai précurseur. Le dixième groupe pharmaceutique mondial, qui restructurait ses activités, a préféré son projet à celui d’une vingtaine de concurrents. Il lui a alors cédé ses locaux et ses équipements, pour un euro symbolique, et sans dette.

Les objectifs des dirigeants des Labos Salem sont alors multiples. Ils cherchent depuis deux ans un partenaire étranger pour acquérir un savoir-faire qui leur fait défaut en Algérie. Mais ceux avec lesquels ils entrent en contact cherchent surtout à écouler leurs produits sur le marché algérien. La PME fait donc la démarche inverse et guette les opportunités de développement à l’étranger, lorsque celle offerte par BMS se présente.

Demande algérienne

Grâce au savoir faire de la trentaine de cadres qu’elle a repris sous sa direction (sur 180 salariés), elle souhaite améliorer le développement puis la vente, en Afrique et en Europe, de brevets de laboratoires tombés dans le domaine public. Ces derniers n’en fournissent pas les recettes et les « génériqueurs » ont le choix entre les acheter, entre 10 000 euros et un million d’euros, indique Khaled Salem, le directeur de la filiale française, ou de les découvrir avec leurs propres moyens, ce que les Labos Salem font depuis quelques années. Dès avril prochain, la PME compte déposer en France des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour plusieurs produits et espère atteindre un rythme d’une quinzaine de dépôts par an.

Le troisième objectif de l’entreprise est de produire plus pour répondre à la forte demande algérienne.

Le troisième objectif de l’entreprise est de produire plus pour répondre à la forte demande algérienne. C’est sûr cette activité qu’elle compte pour réembaucher les employés licenciés lors du départ de BMS. En Algérie, elle dispose d’un site de production de 25 millions d’unités (boîtes) par an, à El Eulma, près de Sétif, et attend pour 2014 la livraison d’un deuxième capable de livrer 55 millions d’unités. Le problème est que les autorités algériennes considèrent une telle opération comme de l’importation. Elles n’entendent pas les arguments des Labos Salem qui la considèrent comme du « façonnage », non taxé de la même manière.

Développement en Afrique… et en Europe

En attendant que la situation se décante, la PME produit en Corrèze pour le compte d’autres sociétés françaises, belges ou allemandes, mais seulement à une capacité de 3 millions d’unités sur 25 millions possibles (prévisions 2013). Elle compose également des produits génériques pour des clients au Maroc. Elle compte à l’avenir se développer en Afrique et en Europe (elle est présente en Mauritanie avec quatre produits et débute au Sénégal), en profitant de l’image de marque de l’entreprise française – « ce qui ne signifie pas que le travail algérien est moins bon… »

Son principal marché reste l’Algérie, où elle distribue une cinquantaine de produits. Pour faire face à la concurrence des multinationales et des génériqueurs émergents, Khaled Salem souhaite y multiplier les partenariats, afin de mutualiser les portefeuilles des produits que les PME développent inutilement en commun. Le chiffre d’affaires des Laboratoires Salem France est de 5 millions d’euros, en 2012, avec 34 salariés. En croissance, il est de 20 millions d’euros en Algérie, contre 8,1 en 2009, avec 200 employés.

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