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Adoption par l’ONU de la Déclaration universelle des droits de l’homme

Après la Première Guerre mondiale, la Société des Nations (SDN) chère au président américain Woodrow Wilson, mais rejetée par le Congrès, n’avait pu garantir la paix et la sécurité internationales, bref, empêcher la Seconde Guerre mondiale, qui éclata le 3 septembre 1939.
Quelques décennies plus tard, Franklin Delano Roosevelt était bien décidé à faire le maximum pour qu’il n’en soit plus ainsi. Avant même d’être entraîné dans le conflit par l’attaque de Pearl Harbor du 7 décembre 1941, il avait signé, le 14 août, avec le Premier ministre britannique Winston Churchill, la Charte de l’Atlantique, qui recommandait de « créer un système permanent de sécurité générale ». En février 1945, rentrant de la conférence de Yalta, la dernière de ses rencontres avec Churchill et Staline, il envoya au Congrès un rapport où il écrivait : « Cette fois, nous ne commettrons pas l’erreur d’attendre la fin de la guerre pour mettre en place la machinerie de la paix. »
Il en était au début de son quatrième mandat à la Maison Blanche. Il n’ira pas, cependant, jusqu’au bout de ses intentions, emporté par la maladie quelques semaines plus tard, le 12 avril. Mais la « machinerie de la paix » était déjà en route – et les invitations avaient été lancées pour la conférence de San Francisco où sera signée, le 26 juin, par cinquante États, la Charte des Nations unies.

Outre une Assemblée générale et un Conseil de sécurité, la Charte prévoyait la création d’un Conseil économique et social chargé de promouvoir un développement économique et culturel susceptible de réaliser l’égalité entre les hommes. Ce Conseil fut doté de nombreux organismes pour la plupart encore en vigueur aujourd’hui : Fonds monétaire international (FMI), Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture, plus connue sous son acronyme d’Unesco, Organisation mondiale de la santé (OMS), etc.
C’est dans ce très large contexte qu’a vu le jour la Déclaration universelle des droits de l’homme. Dès la conférence de San Francisco avait été évoquée la rédaction d’une « déclaration des droits fondamentaux de l’homme ». L’article 68 de la Charte prévoyait la mise en place d’une Commission qui en serait chargée. Elle fut créée au début de 1946 et tint sa première session en janvier 1947. Le texte préliminaire de la Déclaration fut alors préparé par un comité de rédaction dirigé par Eleanor Roosevelt, veuve de l’ancien président. Il était composé de huit membres, géographiquement répartis.
Après une autre séance de travail en décembre 1947, la Commission révisa le projet de déclaration en mai-juin 1948, en tenant compte des observations des gouvernements. Ce projet fut soumis en décembre à l’Assemblée générale des Nations unies, qui l’examina dans les moindres détails, ce qui donna lieu à pas moins de 1 400 votes des 58 États membres, portant quasiment sur tous les termes et toutes les dispositions du texte. Certains États islamiques se déclaraient, par exemple, opposés aux articles stipulant l’égalité des droits devant le mariage et le droit de changer de croyance religieuse, tandis que les pays occidentaux critiquaient l’inclusion de droits économiques, sociaux et culturels.

La Déclaration universelle des droits de l’homme fut cependant adoptée à l’unanimité des 58 États membres au palais de Chaillot, à Paris, le 10 décembre 1948. Il y eut huit abstentions, dont l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite et l’Union soviétique. Le texte final avait été principalement rédigé par le Français René Cassin.
La Déclaration se compose d’un préambule et de 30 articles. Le premier stipule : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
L’article 2 interdit toute distinction, « notamment de race, de couleur, de sexe, de langues, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ». Il est reconnu aujourd’hui encore sur la planète que cette Déclaration est « l’idéal commun à atteindre pour tous les peuples et toutes les nations ».

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