Économie

Tariq Krim

Par - Sonia
Mis à jour le 3 novembre 2016 à 11:10

On le surnomme le « spécialiste d’Internet ». Fondateur, à la fin de 2005, de Netvibes, une start-up spécialisée dans le Web 2.0, la nouvelle génération des technologies Internet, Tariq Krim revendique aujourd’hui plus de 8 millions d’utilisateurs à travers le monde. Fils d’immigrés algériens aisés, ce trentenaire diplômé de l’École nationale supérieure des télécommunications (ENST), à Paris, évoque sa success story avec modestie : ?« La plupart des choses me sont arrivées par accident », ?jure-t-il. Est-ce si sûr ?

Dès l’âge de 12 ans, ce prodige de l’informatique fabriquait son propre Minitel, le réseau grand public français qui fut un peu le précurseur d’Internet. Vingt ans plus tard, il récidive avec Netvibes.com, un site qui propose un service de pages d’accueil sur mesure. Totalement personnalisable, cette page permet d’agréger ses courriels, ses blogs favoris et ses podcasts (fichiers audio ou vidéo sur le Net). Bref, de suivre sur une seule page Web toute sa vie numérique. « C’est un retour aux fondamentaux de l’Internet. Nous remettons l’utilisateur au centre et lui permettons de gagner du temps », précise son fondateur. Netvibes est aujourd’hui encensée par les ténors de la Silicon Valley, aux États-Unis. Ses admirateurs et néanmoins concurrents se nomment, excusez du peu, Microsoft et Google, qui, depuis, ont créé des services proposant des fonctionnalités très semblables à Netvibes.
Plébiscité par les internautes du monde entier, ce service innovant séduit également les investisseurs. En août 2006, la start-up a levé 12 millions d’euros auprès de deux sociétés de capital-risque : l’américaine Accel Partners et l’européenne Index Ventures. Objectif affiché : accélérer le développement international de Netvibes. La société envisage d’ores et déjà de créer une antenne en Asie, après avoir ouvert, au mois de novembre, un bureau à San Francisco, en Californie, à quelques encablures du siège de Google. Lequel, s’il faut en croire la rumeur, serait sur les rangs pour un éventuel rachat. Le rêve de Tariq Krim, aujourd’hui ? « Devenir un leader mondial d’Internet. »