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L’Afrique s’envoie en l’air

« L’Afrique aura son propre satellite l’année prochaine », a affirmé Jacques Arsène Louari, secrétaire général du ministère des Postes et Télécommunications du Burkina, dont le pays assume pour deux ans la présidence de l’Organisation intergouvernementale africaine de communications par satellite (Rascom, Regional African Satellite Communications Organization). L’optimisme prévalait à Ouagadougou, le 11 octobre, à l’ouverture de la 9e assemblée générale de Rascom quand le président sortant, Bello Bouba Maïgari, ministre camerounais des Postes et Télécommunications, a passé le témoin à son successeur burkinabè devant plus de 200 participants, dont leurs homologues de 46 pays du continent. Le projet revient de loin. Créé en 1992, il devait rassembler les opérateurs africains de télécoms pour financer un satellite commun, devant relayer le téléphone dans les zones rurales à des tarifs de communication accessibles (0,10 à 0,20 dollar la minute). D’un coût de 1,5 milliard de dollars, dont 500 millions pour deux satellites, l’un en dépannage de l’autre, et 1 milliard pour les infrastructures terrestres, le système devait entrer en service au début de 2001. Mais cette date a ensuite été repoussée par trois fois. Au seuil de l’an 2000, seuls 40 pays étaient convaincus.
La 6e assemblée générale, à Tripoli, en 1999, marquée par un vigoureux discours de Mouammar Kadhafi – accompagné d’un chèque de 7 millions de dollars – a réveillé les ardeurs. Le programme a été revu pour satisfaire les nouveaux besoins des opérateurs, dont Internet à haut débit (lire aussi pp. 63 et suivantes). En mai 2003, à Maurice, 44 pays signaient le financement du premier satellite (150 millions de dollars), actuellement en construction dans les locaux d’Alcatel Space, à Cannes, en France. La Guinée équatoriale et l’Érythrée rejoignent cette année Rascom. Sept pays restent à rallier (Botswana, Centrafrique, Madagascar, Maroc, São Tomé, Seychelles, Somalie). À Ouagadougou, les partenaires ont entériné l’objectif d’une mise en orbite au premier semestre 2006. Près de la moitié (42 millions de dollars) du budget nécessaire est déjà réunie, et le reste doit provenir des institutions financières internationales. À défaut, ce seront les paroles optimistes prononcées à Ouaga qui s’envoleront.

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