Capital-investissement

Sénégal : Impaxis, la banque d’affaires qui investit

En reprenant le holding Sifi en 2012, Impaxis Capital est devenu propriétaire de sa filiale Senbus (usine d'assemblage de bus). DR

En reprenant le holding Sifi en 2012, Impaxis Capital est devenu propriétaire de sa filiale Senbus (usine d'assemblage de bus). DR ©

Fondé à Dakar en 2003, Impaxis s’est développé dans le conseil et les activités de Bourse. Il se tourne désormais vers l’investissement et veut élargir son activité de la Mauritanie au Congo.

Ces temps-ci, Babacar Tall est sur tous les fronts. Le directeur général d’Elton et ses équipes parcourent toute l’Afrique de l’Ouest francophone pour évaluer les meilleures pistes de croissance pour le groupe de stations-service. Solidement implanté au Sénégal, où se trouve son siège, et leader en Gambie, Elton vient même de reprendre au sud-africain Engen ses opérations en Guinée-Bissau. En attendant d’autres développements imminents dans la sous-région. Pour y parvenir, le groupe sénégalais ne manquera pas de moyens. Sa maison mère, Sifi, vient en effet de lever 10,7 millions d’euros auprès du financier Advanced Finance & Investment Group (Afig).

Derrière Sifi, une banque d’affaires qui fête ses dix ans : Impaxis Capital. Fondé par deux banquiers experts de l’Afrique, Patrick Brochet et Momar Ndour, Impaxis a repris Sifi au début de 2012 et, indirectement, ses filiales Elton et Senbus (assemblage de bus). Soit environ 100 millions d’euros de revenus et 1 000 employés. « Dès la création d’Impaxis en 2003, nous avions prévu trois pôles d’activités : la banque d’affaires, la Bourse et l’investissement », souligne Patrick Brochet qui, avant de fonder Impaxis, a notamment dirigé Sogébourse, la société de gestion et d’intermédiation de Société générale, à Abidjan.

Cliquez sur l'image.Nouvelle étape

« Nous avons mis du temps à développer l’activité d’investissement, mais lorsque l’opportunité de racheter Sifi s’est présentée, nous l’avons saisie », poursuit le directeur associé. Sur les neuf fondateurs de Sifi, deux restent actifs à la tête de Senbus et Elton. « Nous n’avons pas de volonté d’implication dans la gestion quotidienne des filiales, souligne Patrick Brochet. Nous voulons renforcer considérablement le holding, Sifi, notamment sur les aspects de contrôle et de reporting. » L’objectif est de dynamiser le groupe et, à terme, de le faire croître à l’échelle sous-régionale.

Avec cet investissement, c’est une nouvelle étape du développement d’Impaxis qui s’est amorcée. Jusqu’à présent, en effet, la banque d’affaires sénégalaise contrôlée par quatre personnes physiques, dont les deux fondateurs, s’était concentrée sur deux métiers : le conseil financier et les métiers de la Bourse comme l’intermédiation, la conservation et le conseil aux émetteurs. « Nous venions tous deux de grandes structures et nous souhaitions avoir davantage d’autonomie, rappelle Patrick Brochet. Nous voulions aussi rompre avec cette habitude qui faisait que les banques d’affaires étaient toutes ou presque basées en dehors de l’Afrique. Nous avons visé les opérations de taille moyenne, n’intéressant pas les internationaux. »

En dix ans, Impaxis a ainsi conseillé les rachats du Club Med Sénégal ou du négociant Buhan & Teisseire par des opérateurs sénégalais. La banque a aussi accompagné Senbus dans le financement de plusieurs opérations de renouvellement de son parc de minibus, ou encore Sénégal Airlines dans une augmentation de capital. « Les choses ont évolué, mais le recours à un conseil n’est pas la chose la plus répandue en Afrique subsaharienne francophone, relève Patrick Brochet. Notre principal motif de satisfaction est d’avoir démontré qu’on peut être basé en Afrique et fonctionner selon les meilleures pratiques du métier, tant en termes de technique que d’éthique. »

Aujourd’hui, les deux fondateurs et leur dizaine de collaborateurs se fixent trois objectifs : poursuivre la construction du pôle investissement avec Sifi, monter en taille sur des opérations de conseil plus importantes et faire d’Impaxis un acteur vraiment régional. Car si la banque d’affaires a couvert un peu le Mali et la Mauritanie et avoue « avoir des discussions pour une opération au Gabon et au Congo », elle reste largement cantonnée au Sénégal.

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Le bureau d’Abidjan devrait accueillir à terme une véritable équipe, qui travaillera, en plus des métiers traditionnels d’Impaxis, sur le financement des campagnes agricoles. Afin de doper sa présence dans la première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la banque s’est portée candidate pour conseiller la cession des parts de l’État (minoritaires) dans deux grandes banques, la Société ivoirienne de banque et la BIAO Côte d’Ivoire. Le processus de sélection est toujours en cours.

Visibilité

Si Impaxis était retenu, cela servirait également à accroître la visibilité de la banque d’affaires auprès d’éventuels candidats à l’embauche. « Lorsque nous avons créé Impaxis, nous n’avons pas trouvé de jeunes prêts à quitter de grandes structures internationales pour nous rejoindre, se souvient Patrick Brochet. Nous sommes donc allés recruter dans les métiers de l’audit des juniors que nous avons ensuite formés. Mais aujourd’hui, il y a clairement un changement d’attitude et nous avons de plus en plus de candidats. »

La concurrence, elle aussi, change. Les banques d’affaires locales et indépendantes des grandes institutions bancaires étaient jusqu’à présent peu nombreuses en Afrique subsaharienne francophone. Désormais, les vocations semblent se multiplier et les sociétés de Bourse, notamment, se structurent pour offrir de véritables services de conseil financier et de banque d’affaires. 

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