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Des législatives encore incertaines

Par - Cécile
Mis à jour le 22 novembre 2008 à 23:00

Plusieurs fois repoussées, les élections législatives sont désormais annoncées pour mars 2009. Mais, les difficultés auxquelles fait face la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) laissent craindre un nouveau report. Grève dans les Commissions administratives de recensement (CAR), panne technique, difficultés d’utilisation du matériel, autant d’imprévus qui perturbent les opérations dans les quelque 1 800 centres officiellement installés à travers le pays. De plus, le budget d’organisation des consultations estimé à 150 milliards de FG présente toujours un déficit de 43 milliards, et le gouvernement tarde à apporter le restant de sa contribution s’élevant à 18 milliards de FG.
Les adversaires politiques du président Lansana Conté rendent « ses proches accrochés au pouvoir » responsables des difficultés de la Ceni. L’opposition, fermement décidée à aller aux élections, prévient qu’un sabotage du processus électoral pourrait avoir des conséquences graves. « L’incapacité des gouvernements successifs à apporter des réponses aux problèmes des Guinéens crée une situation explosive. Les dernières manifestations en sont la preuve », prévient Sidya Touré, leader de l’Union des forces républicaines (UFR). Abondant dans le même sens, le Dr Mohamed Diané, membre du bureau politique du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, d’Alpha Condé), soutient que « les événements de janvier et février 2007 ont fait comprendre aux populations que leur destin est entre leurs mains ».
« Elles sont prêtes à se rendre aux urnes, dit-il. Si leur volonté est contrariée, il n’est pas impossible qu’elles se révoltent. » Même le président de la Ceni, également à la tête des organisations de la société civile, estime que « les populations sont excédées ». Bien que certains cadres du Parti de l’unité et du progrès (PUP, au pouvoir) mettent ces propos alarmistes sur le compte de manuvres politiciennes, à Conakry, comme à l’intérieur du pays, les incidents violents sont récurrents. C’est pourquoi beaucoup, à l’exception des proches du parti présidentiel, prédisent que ces législatives, si elles sont libres et transparentes, seront salutaires. Reste cependant à savoir si l’opposition, au sein de laquelle sont apparues de nouvelles divergences à la suite de l’entrée en juin dernier dans l’équipe du Premier ministre Souaré de trois formations significatives – l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, de Cellou Dalein Diallo), l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR, d’Ousmane Bah) et l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG, de Jean-Marie Doré)-, sera suffisamment forte pour faire face au PUP et à la kyrielle de petits partis favorables à Lansana Conté.