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Réconciliation en Algérie, réinsertion au Maroc

Par - Samy
Mis à jour le 22 novembre 2008 à 23:00

Comment les voisins de la Tunisie ont « géré » la question des prisonniers islamistes ? En Algérie, la société politique a décidé de passer l’éponge pour clore le chapitre de la « décennie noire » : c’est la politique de Concorde civile voulue par le président Abdelaziz Bouteflika. Au total, près de 6 000 combattants de l’Armée islamique du salut (AIS), de Madani Mezrag, devenu aujourd’hui un notable, en ont bénéficié après leur reddition, en janvier 2000. Plus tard, la loi sur la réconciliation nationale (2006) a permis la libération de 2 000 islamistes. Quoique toujours inéligibles, les anciens prisonniers ont été pleinement réhabilités civilement, et, à l’exception de quelques enseignants, les fonctionnaires ont été réintégrés et ont même, pour certains, perçu un rappel de leurs salaires.
Au Maroc, plusieurs milliers de personnes – 5 000 selon les autorités, 8 000 selon l’Association marocaine des droits de l’homme – ont été arrêtées après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. Environ un millier ont été condamnées à des peines le plus souvent légères, et nombre d’entre elles ont bénéficié de grâces royales. La recrudescence des attaques kamikazes impliquant des salafistes « formés à l’école de la prison » a incité la police à exercer une surveillance rigoureuse à leur encontre. Mais les ex-prisonniers islamistes ne sont pas entravés dans leurs déplacements à l’intérieur du royaume. Et peuvent, dès avant leur élargissement, demander l’aide de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus.