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Fin d’un scandale ?

L’histoire des plus vieux prisonniers de guerre du monde – les soldats marocains détenus par le Polisario, certains depuis près de trente ans – a longtemps été celle d’un double scandale. Scandale « algéro-sahraoui » tout d’abord, puisque, en dépit de toutes les résolutions et conventions internationales, les autorités d’Alger ont toléré (et tolèrent encore) que leurs protégés du Front Polisario maintiennent sur le territoire algérien des camps de détention. Mais scandale marocain aussi, le Maroc de Hassan II ayant pendant des années refusé de reconnaître l’existence même de ces soldats de la honte, « coupables » de s’être laissé prendre par l’ennemi. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : Rabat réclame officiellement la libération des quelque quatre cents derniers prisonniers de la hamada de Tindouf, une libération en bloc et non plus via cette insupportable technique du « saucissonnage » qui a vu jusqu’ici
le Polisario procéder à des élargissements par petits groupes, en fonction de ses intérêts et de la qualité des médiateurs. Il suffisait qu’un gouvernement étranger, de préférence membre du Conseil de sécurité de l’ONU, en fasse la demande pour qu’on lui accorde son lot de prisonniers des Forces armées royales.
Le sujet est devenu si sensible au Maroc que les autorités ont donné leur feu vert à l’organisation, en cette fin juillet, de manifestations de protestation sur ce thème devant les ambassades d’Algérie en Europe (Paris, Berlin, Rome, Madrid), mais aussi à Washington, aux îles Canaries et jusqu’à… Abidjan. Une première, au cours de laquelle on a pu voir l’humoriste Jamel Debbouze brandir en plein Paris une pancarte exigeant la libération des « séquestrés de Tindouf ». Cette mobilisation n’est sans doute pas étrangère à la promesse faite le 13 juillet par le président sahraoui Mohamed Abdelaziz de relâcher « dès que possible » – mais sans plus de précision – son butin de guerre. Cette annonce relève-t-elle du « marketing politique inacceptable », pour reprendre les termes du ministre marocain délégué aux Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri ? Ou s’agit-il réellement d’un tournant dans l’histoire du conflit ? Le climat actuel de tension, voire de crise, entre Rabat et Alger, ainsi que le durcissement de l’attitude des dirigeants marocains vis-à-vis des indépendantistes sahraouis, actifs à l’intérieur même des « provinces du Sud », depuis les événements de Laayoune en mai, n’incitent qu’à un optimisme prudent quant au sort des damnés du camp de Rabouni…

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