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Macky Sall ne baisse pas pavillon

Par - Cheikh
Mis à jour le 27 septembre 2008 à 23:00

Sur le point d’être exclu du Parti démocratique sénégalais (PDS), la formation au pouvoir, et visé par un projet de modification constitutionnelle déposé le 23 septembre en vue de réduire de cinq à un an son mandat de président de l’Assemblée nationale – avec effet rétroactif -, Macky Sall tombe de son piédestal. Il fut Premier ministre d’avril 2004 à mai 2007, avant de prendre possession du perchoir, le mois suivant.
Il compte néanmoins rester à son poste jusqu’à la promulgation de la réforme constitutionnelle. Après quoi, assure un de ses confidents, « il se démettra de tous ses mandats conquis sous la bannière du PDS, celui de député comme celui de maire de Fatick ».
S’il est probable que Macky, qui a reçu, le 23 septembre, son passeport ordinaire, ainsi que ceux de son épouse et de ses quatre enfants, va voyager quelques semaines durant afin de se reposer et de « sortir du pouvoir », il n’envisage ni de vivre hors du Sénégal ni de se résoudre à un enterrement politique de première classe.
Bravant la consigne du PDS, les députés de Dakar (Mbaye Ndiaye), de Kanel (Demba Diop) et de Foundiougne (Dib Sarr) dénoncent le projet de modification constitutionnelle déposé par Sada Ndiaye. « Cette fissure au sein du groupe parlementaire « libéral et démocratique » n’est pas près de se refermer, confie l’un d’eux. Nous sommes révoltés par le traitement réservé à celui qui a victorieusement dirigé les campagnes présidentielle et législatives de 2007, et n’excluons pas de former un groupe autonome, embryon d’une nouvelle formation politique. »
Une fois « libéré » de sa double casquette de militant du PDS et de président de l’Assemblée nationale, « Macky » devrait engager des discussions avec diverses forces politiques en vue de nouer des alliances. Parmi ses futurs interlocuteurs, Idrissa Seck, avec qui il a toujours maintenu un contact indirect, mais aussi les responsables du Front Siggil Sénégal (qui regroupe plusieurs partis d’opposition), dont certains ne cachent pas leurs bonnes dispositions à son égard. Ses détracteurs au sein du PDS ont beau estimer qu’il « n’a ni le courage ni l’étoffe politique pour exister en dehors du parti », le futur exclu se montre fort combatif. Aux émissaires que les ambassadeurs de France et des États-Unis lui ont successivement dépêchés le 23 septembre, il a répété qu’il « n’a rien fait à Wade » et qu’il ne se « laissera pas éliminer de la scène politique sans réagir. »