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Pour le plaisir des yeux

Croisières fluviales, festivals, observation de la faune... La diversification des prestations devrait satisfaire une gamme élargie de visiteurs.

Tombouctou, Gao, Mopti, Djenné, Ségou… Autant de sites prestigieux qui font la renommée du tourisme malien. Pas question, toutefois, de s’en tenir à ces seules destinations, même si elles attirent la majorité des 150 000 touristes qui visitent le pays chaque année. C’est en tout cas la volonté de Bah N’Diaye, le ministre de l’Artisanat et du Tourisme.
Cap donc sur de nouvelles régions et de nouveaux produits, comme les vallées des fleuves Sénégal et Niger, les monts Mandingue, la boucle du Baoulé, et le Gourma, à la frontière du Burkina et du Niger, qui dispose d’une faune sauvage variée, notamment d’une forte population d’éléphants. Autre pôle d’attraction à promouvoir, la région de Kayes, autrefois en marge des circuits en raison de son enclavement, aujourd’hui accessible. Dans cette zone, de nombreux sites, tels que le parc du Bafing ou le tata de Koniakary, forteresse construite par El Hadj Oumar Tall en 1855, ne demandent qu’à être connus du grand public. Enfin, Bamako, la capitale, ne sera pas en reste. Si elle est le centre du tourisme d’affaires, elle peut être aussi une destination culturelle, grâce à ses manifestations, son patrimoine architectural, son jardin botanique et ses marchés.
Pour valoriser circuits et sites, les prestations se diversifient avec l’organisation de croisières et de raids en jet-ski sur le Niger, ou encore la pratique de sports nautiques sur les lacs de Manantali et Sélingué. Sans oublier les rendez-vous artistiques. Ils se sont multipliés dans tous le pays : le Festival du désert à Essakane (région de Tombouctou), le Festival culturel d’Anderamboukane (région de Gao), le Festival du fleuve Niger à Ségou, celui de Médine-Kayes (dans l’Ouest) ou encore celui des masques et marionnettes de Markala.
En matière d’infrastructures hôtelières, un bond en avant a été fait depuis la CAN 2002 (Coupe d’Afrique des nations). Aujourd’hui, le pays dispose de près de deux cents hôtels, dont un quart se trouve toutefois à Bamako. En outre, les infrastructures routières ont été étendues et la plupart des grandes villes touristiques sont dotées d’aéroports modernes.
Tout irait-il donc pour le mieux pour le tourisme malien ? Pas vraiment, car, malgré ces avancées, l’essor du tourisme reste freiné par diverses contraintes, comme les tracasseries administratives, la prolifération des taxes touristiques, la faible professionnalisation des opérateurs, le manque de confort de certains hébergements ou la desserte irrégulière des sites… Pour enrayer ces maux, des mesures ont été arrêtées. Ainsi, une nouvelle compagnie aérienne devrait entrer en service à partir de juin prochain pour assurer en priorité la desserte de Mopti, Tombouctou et Gao ainsi que de l’ouest du Mali. D’ores et déjà, des efforts de promotion ont été engagés ; dès la fin de la saison touristique, une sélection des guides sur la base de critères professionnels et le classement des infrastructures hôtelières selon les normes en vigueur dans les pays de la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) prendront le relais. Enfin, des campagnes de sensibilisation ont été lancées pour mettre fin aux contrôles intempestifs des forces de l’ordre. Cela permettra-t-il d’attirer de nouveaux clients ? En tout cas, la diversification des marchés fait aussi partie de la nouvelle politique. Actuellement, ce sont les visiteurs européens qui dominent avec, en tête, les Français, suivis des Belges, des Américains, des Allemands, des Italiens et des Espagnols. Bien d’autres restent à séduire. Peut-être ne trouveront-ils pas toujours l’hébergement de leur rêve, mais, au moins, ils seront sûrs d’être en sécurité.

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