Économie

La France veut rester le premier partenaire économique de l’Algérie

| Par
La visite de François Hollande en début d'année avait été l'occasion d'annoncer la construction d'une usine Renault sur le territoire algérien.

La visite de François Hollande en début d'année avait été l'occasion d'annoncer la construction d'une usine Renault sur le territoire algérien. © AFP

Lors d’une journée de travail organisée mardi 2 avril par Ubifrance à Paris, la France a redit sa volonté de « rester le premier partenaire économique de l’Algérie ». Après les investissements annoncés en décembre dernier à Alger, un forum organisé en mai dans la capitale algérienne doit permettre de concrétiser ces initiatives.

L’Algérie et la France des affaires ne se quittent plus. Ubifrance, l’agence de promotion des entreprises françaises à l’étranger, a organisé mardi 2 avril à Paris, une journée consacrée aux opportunités d’investissement en Algérie. Trois mois après la visite d’État du président François Hollande, l’événement n’a pas donné lieu à l’annonce de contrats aussi importants que celui signé alors par Renault. Devant plus de 200 hommes d’affaires et en présence du ministre algérien de l’Industrie, Chérif Rahmani, la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq s’est fixée un objectif clair : « Rester le premier partenaire économique de l’Algérie ».

Échange : la France bientôt derrière la Chine

Du point de vue des échanges commerciaux, cela sera difficile. En 2011, la France était le premier partenaire de l’Algérie (1er fournisseur et 4e client), avec 15% de parts de marché (10,1 milliards d’euros) et une avance confortable sur la Chine (10% de parts de marché). Elle le reste en 2012, d’après les chiffres que les douanes algériennes viennent d’annoncer, mais si le niveau de ses échanges croît (10,6 milliards d’euros), sa part de marché baisse (12,8%) au profit de Pékin (12,56%), qui a vu ses exportations vers l’Algérie augmenter de 25% en 2012.

Des investissements mutuellement bénéfiques

L’ambition d’Alger et de Paris est surtout de « mettre en place un développement industriel conjoint »

L’ambition d’Alger et de Paris est surtout de « mettre en place un développement industriel conjoint », précise Mme Bricq. C’est-à-dire, pour les entreprises françaises, d’effectuer des investissements productifs dont l’Algérie, dépendante de ses ressources en hydrocarbures et qui « subit une crise de désindustrialisation », selon Chérif Rahmani, a besoin. Ces investissements doivent aussi êtres mutuellement bénéfiques, un objectif traduit à la fin de l’année 2012 par le terme de « colocalisation », modèle dans lequel les emplois créés en Algérie induiraient en retour du travail en France.

285 milliards d’investissements publics

Avec un marché toujours plus gourmand, comme le montre l’explosion des exportations des constructeurs automobiles français en 2012, et un plan d’investissement de 285 milliards de dollars, dont un tiers seulement a été dépensé fin 2012, l’Algérie a les moyens de convaincre les entreprises françaises de transférer leurs compétences. 450 filiales de leurs filiales y sont déjà présentes, d’après Christophe Lecourtier, le directeur général d’Ubifrance. Elles ont permis de créer 40 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects. Mais Nicole Bricq veut faire mieux.

Lire aussi :

Algérie : l’économie bénéficie de l’effet Hollande
Commerce : la France contre-attaque
Ayrault vante la colocalisation, nouveau concept en vogue
Renault : l’Algérie aura son usine

Un forum « qualitatif » pour signer des partenariats

C’est pour y parvenir que les deux pays organisent les 28 et 29 mai prochain, à Alger, le deuxième Forum de partenariat algéro-français, après celui qui s’est tenu en mai 2011. 45 entreprises qui disposent déjà de projets en gestation et qui recherchent des partenaires ont été sélectionnées pour faire le voyage. Elles proviennent essentiellement de quatre secteurs : la sous-traitance automobile, l’industrie pharmaceutique, l’agro-industrie et les matériaux de construction et BTP.

49-51, un obstacle surmontable

Concernant la loi qui oblige depuis 2009 les investisseurs étrangers à céder 51% de l’actionnariat à des partenaires locaux, elle n’est plus un obstacle insurmontable, selon la plupart des participants. « Les dernières données de l’association Anima concernant les IDE en Algérie m’ont agréablement surpris », confirme Réda Hamiani, patron du Forum des chefs d’entreprise (Algérie). D’après le patron des patrons, cette règle inquiète davantage les PME que les grands groupes, armés juridiquement pour profiter des marges de manœuvres laissées par la loi.

Amélioration du climat des affaires

Plus que la loi sur les 49-51%, les entrepreneurs présents en Algérie se plaignent de la couverture du risque de change jugée insuffisante ou de l’impossibilité pour la maison-mère française de faire des avances en compte à sa filiale. Les lourdeurs administratives pour obtenir un permis de travail ou recruter à travers l’agence nationale de l’emploi ont également été identifiées. Chérif Rahmani a de son côté assuré que « l’amélioration du climat des affaires cristallise les efforts du gouvernement ».

Pour cela, le gouvernement a signé un accord de coopération avec la Banque mondiale, le 10 mars, après une série d’affaires de corruption, dont la dernière en date met – de nouveau – en cause la compagnie pétrolière publique Sonatrach et l’italien Saipem, filiale d’Eni.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte