Économie

Économie africaine : l’année 2012 en questions

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Mis à jour le 25 janvier 2012 à 18:35

Alors que la planète va connaître un ralentissement de sa croissance, l’Afrique devrait poursuivre sa progression. Mais les révolutions arabes, la récession européenne et les variations du prix du pétrole peuvent fragiliser cette tendance.

Et s’il ne restait plus que l’Afrique pour confirmer de bonnes perspectives de croissance pour 2012 ? Cette année, la planète tournera au ralenti avec une croissance attendue de 2,8 % (3,2 % en 2011). Même la Chine s’essouffle. Affectée par une baisse de la demande, intérieure et extérieure, et sous la menace de l’explosion d’une bulle immobilière, l’économie chinoise progressera de « seulement » 8,7 % en 2012. C’est la première fois depuis 2001 que le taux de croissance du pays tombera sous la barre des 9 %. Idem pour l’Inde, dont le PIB ne progressera « que » de 7,7 %. Une baisse de régime qui avait déjà tempéré l’ardeur des investisseurs internationaux en 2011. Selon la base de données de l’américain EPFR Global sur les flux des capitaux investis dans le monde, les fonds spécialisés dans le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine ont retiré 15 milliards de dollars (11,6 milliards d’euros) de ces marchés en 2011, et l’indice boursier MSCI « marchés émergents » a chuté de 21 % l’an passé.

L’exception africaine

Dans ce contexte, le continent fait figure d’exception. La croissance du PIB de l’Afrique sub-saharienne approchera les 6 % en 2012 (5,2 % en 2011), selon le Fonds monétaire international (FMI). En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la croissance atteindra 3,6 % (4 % en 2011). Mais rien n’est acquis. Au nord du continent, les économies marquées par les révolutions subiront encore les contrecoups de ces événements – le PIB de la Libye pourrait se contracter de plus de 50 % cette année – ainsi que les effets de la récession européenne. « Les pays africains vont souffrir si on ne prend pas en charge la crise de l’euro », a déclaré Christine Lagarde, directrice du FMI, à Johannesburg le 6 janvier. Plus largement, des interrogations persistent. Les cours des matières premières dépendront de la vitalité des demandes chinoise et indienne. Quant au pétrole, la planète consommera 90,3 millions de barils par jour (+ 1,4 % par rapport à 2011). Mais à quel prix ? Plus, ou moins, que la moyenne de 111 dollars le baril de l’an passé ? À lui seul, le blocus du détroit d’Ormuz – dont l’Iran agite le spectre – augmenterait le prix du baril de 25 à 50 dollars.

L’année 2012 sera déterminante pour l’Afrique. Plus que jamais le continent devra démontrer sa capacité à générer sa propre croissance pour soutenir son économie dans un environnement mondial très troublé.