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Le temps des résolutions

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De beaux lendemains miniers

En attendant l’entrée en production du fabuleux gisement ferreux de Belinga, le pays fait fructifier son pactole en manganèse, dont il est le deuxième producteur mondial.

Par - Philippe Perdrix
Mis à jour le 10 décembre 2008 à 16:01

Portée par un marché international du manganèse exceptionnellement haut, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), filiale gabonaise du groupe français Eramet, a réalisé une année 2007 record. Son résultat d’exploitation a plus que doublé, à 79 milliards de F CFA (120,4 millions d’euros), sur un chiffre d’affaires de 272,4 milliards de F CFA, en progrès de 43 %. Quant à la production de minerai, elle est passée de 1,9 million de tonnes en 2003 à 3,3 millions, avec des prévisions à 3,5 millions de tonnes en 2008 et 4 millions en 2010. Le gisement de Moanda (Sud-Est) représente 30 % des réserves mondiales de manganèse et permet au Gabon de se classer désormais au deuxième rang mondial derrière la Chine, d’où provient la moitié des 20 millions de tonnes produites chaque année.
La Comilog, qui a déjà investi 91 milliards depuis cinq ans, envisage d’ajouter 70 milliards de F CFA pour étendre l’exploitation sur le plateau voisin d’Okouma et construire deux usines de transformation. « Notre situation nous permet de financer tous ces projets », assure Philippe Vecten, directeur de la branche manganèse chez Eramet, qui va devoir à présent compter sur la concurrence. En effet, la compagnie brésilienne Vale (ex-CVRD) prospecte dans la province du Haut-Ogooué, les Chinois de Sinostel ont obtenu un permis à Mbigou (Sud) et deux autres sociétés de l’empire du Milieu se sont installées à Njolé, près de Libreville.

« Le projet du siècle » enfin sur les rails

Côté fer, le projet Belinga (Nord-Est) entre dans sa phase concrète. La convention finale entre l’État et le consortium chinois Compagnie minière de Belinga (Comibel) pour l’exploitation du gisement ferreux de Belinga, qui aplanit les différends entre les acteurs, a été signée en mai dernier. Et l’entrée en production est prévue pour la fin de 2010. Dès le 6 décembre 2007, la répartition du capital avait accordé 25 % à la partie gabonaise (au lieu des 15 % initialement prévus) et 75 % au consortium chinois. Et, si l’accord final exonère la Comibel d’impôts et de taxes pendant vingt-cinq ans, la surface exploitable par les Chinois a été réduite de 7 000 à 700 km2. Le montant total des investissements est évalué à 3 milliards d’euros. Ils comprennent notamment le barrage hydroélectrique du Grand Poubara, un réseau de chemin de fer, ainsi qu’un port en eau profonde à Santa-Clara, près de Libreville. Le président Omar Bongo Ondimba en est persuadé : « C’est le projet du siècle. »