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Informatique: Solutions et services africains

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Gérer l’Afrique depuis Paris

Pour réussir, faut-il partir à l’étranger ? Patron d’une SSII, Pap’Amadou Ngom, qui a franchi le pas, en est convaincu. Témoignage.

Par - Mohamadou Diallo
Mis à jour le 11 décembre 2008 à 15:53

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En 1985, alors qu’il suit des études de finance à Paris, Amadou Ngom s’intéresse à l’informatique : « Un ami m’a convaincu d’intégrer sa société de formation pour aider les cadres à mieux comprendre le fonctionnement des logiciels et des PC. » Deux ans plus tard, il rejoint Econocom, une jeune société de services en informatique, dont il devient, en 1989, directeur de filiale. Il veut aller plus loin : « J’ai essayé de persuader mes patrons d’aller vers des activités à plus forte valeur ajoutée. Mais ils n’ont pas voulu franchir le pas. Alors je me suis lancé. »
En 1990, il démissionne pour créer Des sciences et des hommes (S&H) avec un associé. Ils commencent naturellement par la formation avant de se spécialiser progressivement. Aujourd’hui, orientée dans l’intégration des logiciels de gestion de ressources humaines de type PeopleSoft, S&H emploie 130 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 13,5 millions d’euros. Parmi ses références figurent de grands noms, comme Saint-Gobain, L’Oréal, AXA ou encore l’ONU et ses agences (HCR, OMI, Ompi, etc.). Même s’il sait que la nature des sujets sur lesquels il travaille l’empêchera d’avoir une base de clientèle très importante sur le continent, Amadou Ngom, natif de Diourbel (à 130 km de Dakar), nourrit un fort attachement pour l’Afrique. Cela a pesé dans sa décision, en 2006, d’implanter une activité de saisie et de traitement des frais de déplacement et de factures fournisseurs pour le compte de clients européens. Cette filiale, basée à Dakar, emploie actuellement une vingtaine de personnes. En revanche, pour ses activités de développement de logiciels, la raison prend le pas sur le cœur : « L’Afrique du Nord dispose d’infrastructures et de ressources plus à même de fournir des solutions adaptées à nos besoins, explique-t-il. Au Maroc ou en Tunisie, il y a une volonté manifeste des pouvoirs publics de faire de leur pays une destination attractive. » C’est donc dans l’un de ces deux pays qu’il implantera sa prochaine filiale offshore pour ses clients francophones. S&H dispose déjà d’une filiale en Inde pour les anglophones.
Avec le recul, Amadou Ngom, 47 ans, est convaincu que sa carrière à l’international lui a ouvert des perspectives auxquelles il n’aurait pas pu prétendre s’il avait fait le choix de rester dans son Sénégal natal. « Je n’aurais sûrement pas eu l’idée de créer S&H, car le marché local ne dispose pas d’un tissu d’entreprises suffisamment dense pour générer une activité significative pour une société comme la nôtre. L’environnement économique détermine le savoir-faire. »

 

BIO EXPRESS :

1985
DEA option finance à la Sorbonne, à Paris.

1987
Premier pas dans l’informatique, pour Econocom.

1989
Directeur de la filiale formation du groupe Econocom.

1990
Fonde sa société, Des sciences et des hommes, qui emploie aujourd’hui 130 personnes.