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Quand le lion s’éveillera

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François Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

Est-ce l’effet Coupe du monde ? L’heure, enfin, semble être à l’afro-optimisme. En témoigne le dernier rapport en date du très sérieux McKinsey Global Institute, que tout responsable politique du continent devrait lire, histoire de renvoyer dans leurs buts ceux qui doutent encore que le continent ait un avenir. La dizaine de chercheurs qui ont rédigé ce « Lions on the move », remarquable de clarté, nous apprennent ainsi que l’Afrique, qui est déjà la troisième région du monde en termes de croissance économique (après l’Asie émergente et le Moyen-Orient), abritera en 2040 une population en âge de travailler supérieure à celle de l’Inde et de la Chine. Plus proche de nous, dès 2020, le nombre de ménages africains dont les revenus permettent de dépasser la simple subsistance quotidienne aura doublé, atteignant les 128 millions. De quoi impulser l’économie urbaine (le continent compte 52 villes de plus de 1 million d’habitants, soit autant que l’Europe occidentale) et attirer les hommes d’affaires, lesquels jouissent déjà, en Afrique, du taux de retour sur investissement le plus élevé du monde en développement!

Ajoutez à cela le fait que 60% des terres arables non cultivées de la planète se trouvent sur le continent, que les conflits armés ont diminué de moitié en Afrique au cours des dix dernières années, que l’inflation y a été divisée par trois, que le taux de scolarisation a doublé, que la croissance ne repose plus que pour 25%sur le cours (réversible) des matières premières, et vous aurez la parfaite description de ce que McKinsey appelle « un acteur majeur de l’économie globale de demain ».

L’institut a classé les pays africains en quatre catégories positives.

1) Les « locomotives », pays dont l’économie est à la fois diversifiée et industrielle: Afrique du Sud, Égypte, Maroc, Tunisie…

2) Les gros producteurs de pétrole, ceux dont le revenu par habitant est le plus élevé, mais où l’économie est la moins diversifiée: Algérie, Angola, Libye, Nigeria… Ces pays, note le rapport, ont pris conscience qu’il leur fallait suivre l’exemple de l’Indonésie: utiliser l’argent du pétrole pour investir dans les fondamentaux du développement.

3) Les économies en transition: Ghana, Sénégal, Cameroun, Kenya, Côte d’Ivoire…Croissance rapide, agriculture d’exportation en plein boom, secteur manufacturier prometteur.

4) Les économies en prétransition: RD Congo, Éthiopie, Tchad, Niger, Soudan…Très pauvres, certes, mais avec un taux de croissance moyen de 7 % l’an depuis 2000 et des perspectives macroéconomique intéressantes, pourvu que soient résolus leurs problèmes de gouvernance.

La conclusion du rapport est sans appel: « L’Afrique va beaucoup mieux qu’on ne le pense, et le monde des affaires ne peut pas se permettre de l’ignorer plus longtemps. »

Les Chinois, eux, n’ont pas attendu McKinsey pour s’en rendre compte. Leurs financements en Afrique dépassent déjà ceux de la Banque mondiale!

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