Politique

Sale quart d’heure avec les policiers pour le photoreporter de « l’affaire Letondot »

Capture d'écran de la scène des menaces de l'officier français Letondot envers Ledoux. ©

Komi Agbédivlo alias Didier Ledoux, le photographe qui avait été menacé le 10 août par le lieutenant-colonel français Romuald Letondot, a été interpellé hier sans raison apparente et molesté par des policiers.

Alors qu’il prenait des clichés du Palais de justice de Lomé, où se déroulait hier plusieurs procès en diffamation menés par le pouvoir togolais contre la presse, le photoreporter du quotidien Liberté, Didier Ledoux, a été interpellé par un homme en treillis. « J’ai pris en photo un angle du palais pour illustrer mon article, tout comme un confrère caméraman. Avant d’entrer dans le palais, un gendarme m’a apostrophé et a tenté de me traîner vers leur véhicule pour me dire quelque chose », a-t-il expliqué. Après son refus d’obtempérer, il a été conduit de force dans l’un des véhicules et emmené vers une destination inconnue.

Le reporter affirme avoir été menacé et roué de coups, essentiellement au cou et aux côtes. « Vous vous croyez au-dessus de la loi ? Nous sommes également investis de certains pouvoirs. Vous allez voir », a menacé l’un de ses agresseurs.

Solidarité avec leur « frère »

Dans la bousculade, Ledoux dit qu’il a été piqué au bras avec un objet inconnu. Les résultats des examens médicaux qu’il a subis par la suite ne sont pas encore concluants. « Dans le véhicule, ils me disaient que je constitue une « merde » pour eux depuis 2007. Ils m’ont largué juste avant d’atteindre le camp de la gendarmerie [au centre de Lomé, NDLR]. Ils n’ont pas retiré mon appareil ni réclamé la photo incriminée », a-t-il souligné.

Une fois relâché, il conte sa mésaventure aux médias. L’indignation éclate, mais la réaction officielle se fait encore attendre. Car Ledoux voit dans l’incident une suite logique de « l’affaire Letondot ». Le lieutenant-colonel français Romuald Letondot, on s’en souvient, avait menacé de le faire mettre « en taule » et de « mettre un coup » sur son appareil, après que le photographe eut pris un cliché de lui lors d’une manifestation des militants de l’Union des forces de changement (UFC) la semaine dernière à Lomé.

« Cette réaction ne me surprend pas trop. Les forces de l’ordre m’ont sûrement repéré, et veulent me rendre la monnaie, par solidarité avec leur “frère” [l’officier Letondot : NDLR] », croit savoir le journaliste.

Poursuites judiciaires

Suite à l’incident ayant opposé l’officier français au photographe, Lomé avait dénoncé des manipulations. Le ministère togolais de la Défense et des Anciens combattants avait déploré dans un communiqué « l’exploitation abusive » de l’incident. « Cet incident malencontreux, né du malentendu, aurait pu être ainsi circonscrit si malheureusement la scène de l’altercation n’avait pas été filmée par un témoin de nationalité togolaise qui l’a mise en ligne sur le Web (…) », regrettait le communiqué.

Quant aux ministères français des Affaires étrangères et de la Défense, ils avaient condamné le comportement de l’officier qui avait été rappelé à Paris et s’était vu infliger une sanction disciplinaire de dix jours d’arrêt. Didier Ledoux avait annoncé son intention de le poursuivre en justice.
 

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