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L’opposition s’engouffre dans la brèche WikiLeaks

Le président malien Amadou Toumani Touré.

Le président malien Amadou Toumani Touré. © AFP

Duplicité, laxisme, voire complicité. Les télégrammes diplomatiques américains révélés par WikiLeaks ne sont tendres ni avec le président Amadou Toumani Touré (ATT), ni avec son armée, ni même avec son système financier.

Une banque malienne, dont le nom a été flouté par WikiLeaks, est citée pour avoir « blanchi » l’argent des rançons versées à Aqmi en échange de la libération d’otages. Un télégramme relate aussi les malheurs du diplomate Anton Prohaska, chargé par Vienne de négocier avec les ravisseurs d’un couple d’Autrichiens détenu dans le nord du Mali. Il y a là toute une faune de faux intermédiaires, d’agents doubles et d’escrocs en tout genre… Rien n’aurait été épargné au malheureux Prohaska, selon les diplomates en poste dans la capitale malienne.

Par ailleurs, en novembre 2009, le général William Ward, patron d’Africom (le commandement militaire américain) est à Alger avant de se rendre à Bamako. Abdelaziz Bouteflika le charge de transmettre un message à ATT : « Dites-lui qu’il ne peut être l’ami des voleurs et des victimes en même temps. » WikiLeaks ne dit pas si le message a été transmis, mais nous apprend qu’ATT a fait savoir au général Ward qu’il estimait que « les Algériens ne [faisaient] pas grand-chose ».

Une chose est sûre : en matière de lutte contre Aqmi, la défiance d’Alger à l’égard de Bamako est partagée par l’administration américaine, qui évoque tout à la fois l’attitude ambiguë des responsables maliens, civils comme militaires, et « le jeu trouble » d’ex-chefs de la rébellion touarègue. Bamako n’a pas réagi, mais la presse locale a commencé à relayer le contenu des télégrammes. Des partis d’opposition ont annoncé leur intention de saisir le président de l’Assemblée nationale pour que les révélations de WikiLeaks soient inscrites à l’ordre du jour de la prochaine session.

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