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Diplomatie

WikiLeaks : dur de conserver son sang-froid

Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali Syrte (Libye) le 10 octobre 2010.

Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali Syrte (Libye) le 10 octobre 2010. © AFP

À Tunis, où on a l’habitude de dénoncer « mensonges » et « calomnies » pour répondre aux critiques en matière de politique intérieure, on est très mécontent des « révélations » de WikiLeaks. Surtout que plusieurs télégrammes sont l’occasion de commentaires peu flatteurs pour l’establishment du pays et qu’au moins l’un d’entre eux risque de provoquer des tensions avec l’Algérie.

La diplomatie tunisienne a pourtant mis un point d’honneur à conserver son sang-froid. Le 2 décembre, Kamel Morjane, le ministre des Affaires étrangères, a qualifié ces documents de « surprenants ». Le 8, il a indiqué que les « fuites n’auront aucun effet sur les relations » entre les deux pays et que la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, lui avait téléphoné le 6 décembre pour l’assurer qu’elles « n’expriment que les estimations personnelles des ambassadeurs des États-Unis… »

Suivant cette logique, Morjane a fait part des réserves de la Tunisie à l’égard d’un compte rendu de David Welch, le sous-secrétaire d’État américain, attribuant au président Zine el-Abidine Ben Ali des propos selon lesquels les Algériens seraient « responsables de l’actuelle impasse » sur la question du Sahara occidental. Pour Morjane, ce procès-verbal n’exprime que « les idées et les jugements préétablis de son rédacteur » et ne doit pas « perturber les relations inter­maghrébines ».

Sur le plan intérieur, malgré le black-out médiatique sur les documents de WikiLeaks et le blocage des sites les reproduisant, la plupart des Tunisiens se sont informés par des voies détournées. Pour eux, certaines des « révélations » ne sont que le colportage de ce que l’on entend dans les salons. « La leçon à tirer, commente un professeur de sciences politiques, est que cela apprendra à nos responsables, et parmi eux les représentants de la société civile, à tenir leur langue quand ils discutent avec les Américains. »

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