Société

Explosions au Congo : au moins 146 morts à Brazzaville, situation « très lourde » selon les autorités

Par - T. Lubabu M.K. et E. Colette
Mis à jour le 4 mars 2012 à 17:23

Suite aux explosions survenues dimanche matin à Brazzaville, la capitale congolaise, les autorités parlent d’une situation très grave. Il y aurait, pour le moment, au moins 146 morts.

Plusieurs explosions ont secoué la capitale congolaise, Brazzaville, dimanche matin. Elles sont la conséquence « d’un petit incident survenu dans la caserne du régiment blindé, située dans le quartier de Mpila, en pleine ville », a expliqué à Jeune Afrique le ministre de l’Intérieur congolais, Raymond Zéphirin Mboulou, contacté dans l’après-midi. Dans la nuit de dimanche à lundi, le gouvernement congolais a finalement précisé les circonstances du drame, qui serait dû à un incendie provoqué par un court-circuit dans un dépôt d’armes et de munitions.

« La situation est lourde, très lourde. Les dégâts sont importants, pour ne pas dire très importants », a reconnu Mboulou, qui, à l’heure de l’appel, vers 15 heures 30 (GMT) avait lui-même beaucoup de mal à circuler dans Brazzaville pour se rendre à l’hôpital. « Il y a encore des flammes dans le secteur. On espère qu’avec la tombée de la nuit, le temps va s’adoucir, ce qui permettra d’éteindre les incendies plus facilement. La situation est maîtrisable d’ici la fin de la journée, mais elle n’est pas encore maîtrisée », expliquait-il.

De nombreuses personnes coincées sous les décombres

Les explosions ont détruit de nombreux bâtiments dans le secteur de la caserne. Et beaucoup d’habitants étaient encore coincés dans les décombres. « Selon des sources à l’hôpital central, on parle d’environ 200 morts et de nombreux blessés », a déclaré Betu Bangana, chef du protocole de la présidence à Reuters. Le dernier bilan établi dans la nuit fait quant à lui état d’au moins 146 morts.

Le secteur de Ouenzé étant en très grande partie détruit, les services de police et de secours avaient eux-mêmes beaucoup de mal à y accéder. La déflagration a été si forte qu’elle a été ressentie de l’autre côté du fleuve, à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) qui a, elle aussi, été un moment prise de panique.

À Brazzaville, les blessés ont d’abord été transportés vers trois hôpitaux : le CHU de Brazzaville et l’hôpital militaire, dans le centre, et l’hôpital de Tala-Ngaï, au nord. Face à l’affluence des victimes, il a fallu également recourir aux hôpitaux des quartiers sud. 

Des casernes en pleine ville

Depuis l’indépendance du Congo (1960), les camps militaires sont toujours restés au cœur de Brazzaville. Aujourd’hui, c’est donc une partie de l’arsenal militaire du Congo qui part en flammes.

Le ministre de la Défense congolais, Charles Zacharie Bowao, a expliqué à la télévision nationale congolaise que c’était une erreur de manipulation qui avait déclenché un incendie dans la caserne.

D’autres incidents dans les dépôts d’armes étaient déjà survenus, sans jamais faire de vitimes. Notamment en 1992, à Pointe-Noire, dans une caserne proche de l’aéroport, et en avril 2009, à Brazzaville. Les autorités avaient prévu de déménager les dépôts d’armes de Brazzaville à 60 km au Nord de la capitale, d’ici la fin de l’année.

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Par Tshitenge Lubabu M. K. et Elise Colette