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Cet article est issu du dossier «Tchad : après la tempête, s'ouvrir au monde»

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Tchad – Aérien : destination Djermaya

Le pays souhaite devenir une plateforme régionale. © DR

Pour devenir une plateforme régionale, le pays construit un nouvel aéroport où il va tenter de fournir du carburant low cost. Reste à renforcer la compagnie nationale, qui traverse une mauvaise passe.

Dans les couloirs du tout nouveau ministère tchadien des Transports et de l’Aviation civile – créé en août 2011 après redécoupage du ministère des Infrastructures et des Transports –, on le qualifie de « projet du siècle » pour la sous-région. L’aéroport international de Djermaya, à une quarantaine de kilomètres de N’Djamena, devrait modifier considérablement les plans de vols sur le continent. D’un coût de 600 milliards de F CFA (915 millions d’euros), financé grâce à un prêt chinois, il devrait être livré en 2015. D’une superficie de 24,5 km2 et doté d’une piste de 3,5 km de long sur 60 m de large, il sera relié à la capitale par une autoroute. Objectif : en faire une escale, voire une destination privilégiée des compagnies aériennes.

Tourisme

Ce n’est pas le seul atout du pays. Hors de N’Djamena, l’aéroport de Moundou, la capitale économique, au sud du pays, a été mis aux normes internationales, et celui de Faya-Largeau, dans le Nord (région de Borkou), le sera très prochainement. Depuis février, des vols venant de France – Paris ou Marseille – atterrissent dans cette ville du Sahara tchadien, nouvelle destination touristique depuis que les pays voisins (Niger, Mali, Mauritanie) sont devenus moins fréquentables à cause de l’insécurité. Un investissement de 1,4 milliard de F CFA permettra de doter cet aéroport, utilisé habituellement par les armées tchadienne et française, d’une aérogare, de balises et des équipements nécessaires à l’accueil régulier de passagers. Ce remodelage achevé, Faya-Largeau pourra intégrer la liste des aéroports sous la responsabilité de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), qui possède par ailleurs au Tchad un centre régional de contrôle couvrant une région d’information de vol de 2,1 millions de km2.

Autre piste pour rendre la destination N’Djamena plus attractive pour les gros opérateurs qui survolent le continent : une réflexion est en cours pour baisser le prix du Jet A-1 (un carburant à base de kérosène), actuellement à 565 F CFA le litre. C’est d’ailleurs après que l’État a exigé la diminution des prix des produits pétroliers – un bras de fer avec son partenaire, China National Petroleum Corporation, qui a provoqué la fermeture de la raffinerie de Djermaya à la mi-janvier – que la capitale tchadienne a manqué de Jet A-1 pendant quelques jours, obligeant les autorités chargées du transport aérien à lancer un « Notam » (Notice to Airmen) à l’intention de toutes les compagnies. « L’objectif, c’est de donner envie aux avions qui font Paris-Johannesburg ou qui vont de l’Asie en Amérique de s’arrêter, pas seulement à cause des passagers, mais aussi pour le prix du Jet A-1 », explique le ministre des Transports et de l’Aviation civile, Abdelkerim Souleymane Terio.

Le cas Toumaï

Une bonne nouvelle pour la dizaine de grosses pointures qui desservent la destination, parmi lesquelles Air France, Ethiopian Airlines, Asky Airlines, CamairCo, Kenya Airways et Toumaï Air Tchad, la compagnie nationale. Cette dernière est en difficulté, même si elle continue de desservir la sous-région, une partie de l’Afrique de l’Ouest et, sur le plan intérieur, la seule ville d’Abéché (Est). « Les vols intérieurs sont des vols sociaux. On ne peut pas soutenir la concurrence dans la sous-région en continuant à assurer ce genre de liaisons », justifie Abdelkerim Souleymane Terio.

Créée en 2004, Toumaï Air Tchad, propriété de l’État tchadien (40 %), de l’Asecna (10 %) et d’actionnaires privés, est dirigée depuis 2010 par Zacharia Déby Itno, l’un des fils du chef de l’État. Confrontée à un manque d’investissements et à des difficultés de trésorerie et avec seulement deux appareils (un Boeing 737 et un Fokker 28), il lui est difficile de soutenir la concurrence. Avec plus de 3,8 milliards de F CFA de dette annoncée fin 2011, la compagnie sollicite l’appui de l’État pour se renflouer. Un plan de relance est en cours d’élaboration, qui prévoit, entre autres, un développement de la flotte à cinq appareils au minimum.

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