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Cet article est issu du dossier «Nelson Mandela, l'Africain du XXe siècle»

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Politique

Nelson Mandela : 1963-1964, le procès de Rivonia

Les accusés du procès Rivonia en Afrique du Sud, en 1963. © DR

Jeune Afrique retrace dans ce dossier les grandes périodes de la vie de Nelson Mandela (1918-2013). Des textes tirés pour l'essentiel de "Mandela, The Authorized Biography", par Anthony Sampson (HarperCollins Publishers, 2011, 704 p.).

Entre-temps, en juillet 1962, le gouvernement sud-africain, de plus en plus déterminé à écraser l’opposition noire, avait fait adopter par le Parlement la loi sur le sabotage. Elle prévoyait la peine de mort pour tout acte de sabotage, même pour des destructions mineures.

Les dirigeants de l’ANC, dont Sisulu, et leurs alliés communistes, dont l’avocat d’origine lituanienne Joe Slovo, ainsi que Govan Mbeki, se réunissaient régulièrement à la ferme de Lilliesleaf, à Rivonia, où Winnie et ses enfants étaient venus voir Madiba à son retour de l’étranger. Ils y avaient conçu l’Opération Mayibuye, un plan de « renversement du pouvoir blanc par la force et la violence » Au début de juillet 1963, Lilliesleaf fut cerné et les conjurés arrêtés.

Même s’il n’était pour rien dans le projet Mayibuye, imaginé pendant qu’il était à l’étranger, l’affaire était très grave pour Mandela. Il était le chef du MK et il avait laissé à Rivonia des masses de documents rédigés de sa propre main.

« Un idéal pour lequel je suis prêt à mourir »

Le procès s’ouvrit à Pretoria en octobre 1963. La nature des documents était telle – y compris des citations recopiées par Mandela de textes de Staline et de Liu Shao Chi – que sa culpabilité, comme celle de ses coaccusés, ne pouvait faire de doute. Seraient-ils condamnés à mort ?

Ernest Cole / IDAF

Le premier plaidoyer de la défense fut un discours de Mandela lui-même, qui dura quatre heures. Il expliqua qu’il n’avait jamais été communiste et qu’il ne s’était allié avec eux que comme Churchill s’était allié avec Staline. Il souligna que les communistes avaient été le seul parti politique à traiter les Africains comme des êtres humains. « Je me suis voué à cette lutte du peuple africain, a-t-il déclaré. Je me suis battu contre la domination blanche et je me suis battu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tous les hommes vivraient en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal que j’espère défendre ma vie durant. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

La sentence fut rendue le 12 juin 1964. Mandela ne fut pas condamné à mort, mais à la prison à vie. Il avait 46 ans. Pretoria comptait bien que, quelques années plus tard, tout le monde l’aurait oublié.


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