Société

Libye : le modem 56K, arme de cyber-résistance ?

Le slogan de "l'opération 56K".

Le slogan de "l'opération 56K". © D.R.

Le modem 56K est archaïque en Europe mais, en Libye, il pourrait être une arme de cyber-résistance très efficace. C’est en tout cas ce qu’ont imaginé deux Français initiateurs de l’ « opération 56K ». Objectif : récolter des vieux modems et les envoyer en Libye afin de connecter à internet les villes isolées du pays et de permettre aux habitants de partager leur quotidien.

La cyber-résistance n’en est plus à son coup d’essai. Après la Tunisie, l’Égypte et, en ce moment même, la Syrie, c’est vers la Libye que les regards se tournent. Ainsi, les deux Français Tristan Ranx et Thierry Théolier, ont lancé début mai une collecte mondiale de modems 56K via le site internet Ulule.com. Ceux-ci pourront, selon les deux compères, remédier à l’absence totale de communication qui « plonge les familles dans des attentes et des incertitudes insupportablement douloureuses » et qui « désorganise complètement les révolutionnaires ».

Bien que considérés comme dépassés technologiquement, les modems 56K ont l’avantage d’utiliser les lignes téléphoniques fixes pour se connecter. En Libye, où beaucoup de lignes subsistent, un modem peut donc tout à fait contourner la censure. « Ça ne permet pas de faire énormément de choses, ce n’est pas fait pour de la vidéo ou de grosses photos, mais cela permet d’envoyer des mails et de communiquer avec l’extérieur », explique Tristan Ranx, interrogé par StreetPress.com.

Reconnecter l’Est à l’Ouest

L’opération cible deux villes en particulier : Misrata et Ajdabiya, « dont tout le monde attend des nouvelles ». « Bien sûr, il y a des blogueurs, des geeks et des ingénieurs en Libye, capables de bidouiller une connexion internet en contournant le black out total imposé par le régime de Kadhafi… », expliquent les responsables du projet, « mais ces blogueurs ne sont pas très nombreux et ne sont pas sur la ligne de front ».

À terme, les insurgés, qui recevront prochainement par convois humanitaires les modems collectés, peuvent espérer « ravitailler » des zones encore aux mains des troupes fidèles à Kadhafi. « Acheminer un modem pourvu de son mode d’emploi en arabe présente en effet beaucoup moins de risque pour les révolutionnaires que d’envoyer un ingénieur ou un blogueur dans ces villes », écrit Thierry Théolier sur Ulule.com.

Et l’enjeu est de taille, pour les organisateurs de la collecte, qui cherchent à mettre fin à quarante-deux ans de dictature en Libye : « reconnecter l’Est à l’Ouest », c’est à dire Tripoli à Benghazi mais également, par extension, les Libyens aux Égyptiens et aux Tunisiens qui, eux, sont déjà prêts.

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