Économie

L’État se désengage, les groupes étrangers en profitent

Par -  J.-M.M.
Mis à jour le 18 septembre 2008 à 01:00

Sans attendre 2009 et la libre circulation des services bancaires en Tunisie, les grandes manœuvres ont déjà commencé sur le terrain. â¨Elles sont principalement à l’initiative des banques françaises, qui cherchent à se positionner avant même l’ouverture du marché. Dès la fin de 2007, le groupe mutualiste français â¨de la Caisse d’épargne (GCE) a ouvert â¨le feu avec l’officialisation d’un partenariat stratégique et majoritaire avec la Banque tuniso-koweïtienne (BTK), résultat d’un appel d’offres international lancé dans le cadre de â¨sa privatisation. Ambitieux, le GCE souhaite multiplier par huit le niveau de concours de crédit à la clientèle â¨de sa filiale. Mais cette opération est aussi un tournant en Tunisie. Avec â¨elle, les participations étrangères dans â¨le capital des banques de dépôt tunisiennes sont devenues plus importantes que celles de l’État et â¨des privés locaux. Et en mettant â¨la main sur la BTK, le GCE est â¨la troisième banque française â¨à posséder une banque tunisienne. â¨Il est devancé par BNP Paribas, â¨qui détient 50 % du capital de l’Union bancaire pour le commerce â¨et l’industrie (UBCI), et la Société générale, l’un des pionniers en 2002, qui a 52 % du capital de l’Union internationale des banques (UIB). â©Les groupes français ne sont pas les seuls à miser sur le marché tunisien. Ce sont désormais sept des plus importantes banques de dépôt tunisiennes qui comptent aujourd’hui un actionnaire étranger. Comme l’ex-Banque du Sud, qui évolue depuis 2005 sous le double pavillon du consortium hispano-marocain Santander-Attijariwafa Bank. D’autres avancent sous contrôle américain (Citibank Tunisie) ou arabe : Arab Banking Corporation (ABC) et Arab Tunisian Bank (ATB). â¨Six autres établissements tunisiens ont des participations étrangères sans prise de contrôle du capital, dont quatre des plus importantes â¨de la place avec la Banque internationale arabe de Tunisie (BIAT), la Banque de Tunisie (BT), la Banque de l’habitat (BH) et la Société tunisienne de banque (STB). D’autres privatisations sont programmées. â¨À terme, l’État ne devrait plus être majoritaire que dans trois établissements : la STB (53 % du capital), la Banque nationale agricole (67 %) et la Banque de l’habitat (58 %), spécialisée dans l’épargne â¨et le crédit au logement.â¯