Entreprises & marchés

Issad Rebrab

président de Cevital

C’est sans doute l’une des progressions les plus remarquables de notre palmarès des entreprises d’Afrique. En 1997, la société Agro-Grain, propriété d’Issad Rebrab, affichait un chiffre d’affaires de 85,5 millions de dollars. L’année suivante, cet entrepreneur ambitieux créait un pôle agro-industriel dénommé Cevital. Et en 2007, Cevital est devenu le holding de tête d’un groupe subdivisé en quatre départements et vingt et une filiales. Prochaine étape, l’entrée en Bourse. Rebrab envisage d’ouvrir le capital d’une, deux ou trois de ses filiales, voire du holding. Mais il n’y a pas urgence : pour l’instant, la capacité d’endettement de Cevital reste importante. Et le groupe prévoit de réaliser un cash-flow de plus de 400 millions de dollars en 2008. Autant dire que les fonds propres couvrent largement les besoins d’investissements.

Expert-comptable de formation, originaire d’un petit village de Kabylie, Rebrab a démarré dans la construction métallique avant de diversifier ses activités. Vente de véhicules, grande distribution, industrie du verre, agriculture, agroalimentaire, transport et logistique ou encore matériaux de construction… il est aujourd’hui le premier patron privé d’Algérie. Et ne compte pas en rester là. Avec 6 400 salariés et un chiffre d’affaires de 1,6 milliard de dollars en 2007, le conglomérat familial espère passer à 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 25 000 employés en 2012 !

Manager charismatique, fasciné par le modèle coréen des chaebols, Rebrab a enregistré au cours de cette décennie d’indéniables succès. Il a notamment fait passer l’Algérie du stade d’importateur d’huile et de sucre à celui d’exportateur.

Aujourd’hui âgé de 64 ans, le fondateur de Cevital a choisi de prendre un peu de recul. En juin 2008, il a confié la direction générale du groupe à l’un de ses enfants, Malik, 37 ans, coopté à l’issu d’un conseil familial. Conservant la présidence du conseil d’administration de Cevital, il va pouvoir consacrer tout son temps au projet « Cap 2015 », qui lui tient désormais à cœur : l’objectif est de créer un gigantesque complexe industriel sur la côte algérienne, à Cap Djinet. Sa réalisation nécessitera la mobilisation de plus de 30 milliards de dollars d’investissements avec l’appui de partenaires industriels tels que Hyundai pour la construction navale, ou Alcan-Rio Tinto pour la production d’aluminium. Dans leur sillage s’implanteront des centaines de sous-traitants. Cet ensemble industriel intégré devrait doper les exportations algériennes… et fournir du travail à près de 1 million de salariés !

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