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George Forrest

PDG du groupe Forrest

Il y a un peu plus de dix ans, en 1997, George Forrest, âgé de 57 ans, concluait le premier partenariat minier avec l’entreprise publique congolaise Gécamines, en déliquescence. Le maréchal Mobutu, en fuite au Maroc (où il est décédé), venait d’être renversé par Laurent Désiré Kabila. Personne ne voulait investir le moindre sou dans ce Congo en ruine. Natif du Katanga, d’un père néo-zélandais arrivé en 1921 et d’une mère italienne, celui que ses détracteurs surnomment le « Vice-Roi » a osé. Sous une allure bonhomme, l’entrepreneur a toujours eu le goût du risque. Il a tout surmonté : la faillite économique de la zaïrianisation durant les années 1970 et la menace d’une exécution sommaire en 1978 par les rebelles katangais en présence de sa femme et de ses trois fils. Ce jour-là, ses employés lui ont sauvé la vie. « Malgré cette épreuve douloureuse, il était hors de question de partir, je suis congolais », se souvient George Forrest, homme d’affaires katangais, naturalisé belge, consul de France honoraire à Lubumbashi, et patron apprécié à Kinshasa.

Sous Mobutu, le groupe Forrest s’était déployé dans le génie civil, le BTP (Entreprise générale Malta Forrest, EGMF) et les cimenteries (Cilu, Interlacs et Cimenkat). Ces dernières assurent aujourd’hui 80 % de la production nationale. Sous Kabila père, il s’agissait de tirer profit du pactole géologique pour remettre l’économie nationale sur les rails et assurer, à terme, des revenus à l’État. Le site de Luiswishi, à quelques kilomètres de Lubumbashi, a été le premier choisi. Plus de 25 millions de dollars y ont été investis. « Ce fut une très bonne intuition car nous avons profité du boom sur les matières premières », souligne Pierre Philippart, le responsable de cette mine à ciel ouvert gérée par la CMSK (Compagnie minière du Sud-Katanga), d’où sont extraites environ 5 000 tonnes de cobalt par an, soit 10 % de la production mondiale. Ce minerai utilisé dans la téléphonie fait encore les beaux jours du groupe, qui détient d’autres participations : la Minière de Musoshi et Kinsenda (MMK), près de la frontière zambienne, la Société pour le traitement du terril de Lubumbashi (STL) et Katanga Mining Limited (KML) pour l’exploitation du fabuleux gisement de Kamoto et Kov, à Kolwezi.

Ce conglomérat, qui emploie 10 000 salariés, est aujourd’hui devenu le premier investisseur privé, mais aussi le premier contribuable du Congo. En 2007, 46,8 millions de dollars ont été versés au Trésor public, en hausse de 38 % par rapport à 2006. « Je représente un potentiel important », résume le patron, qui assiste pourtant à l’arrivée de la concurrence chinoise et qui doit commencer à préparer sa succession. Ses trois fils et sa fille cadette sont déjà à ses côtés. « Tout est réglé », assure le patriarche sans plus de précisions alors que l’aîné, Malta (36 ans) semble avoir pris l’ascendant. À lui sans doute de mener l’introduction en Bourse en projet et d’internationaliser une entreprise familiale qui a annoncé, en octobre dernier, des investissements dans les secteurs du ciment, des mines et de l’énergie en Namibie. 

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