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d’Omar Chaabi 
« Notre credo : être numéro un, sinon rien. »


| Écrit par Propos recueillis par Christelle Marot

JEUNE AFRIQUE : Quelle est la logique de développement de Ynna Holding-Groupe Chaabi ?

Omar Chaabi : Ce que nous sommes aujourd’hui s’explique par l’histoire et les changements que le Maroc a connus. Au départ, notre secteur d’activité principal était le bâtiment et les travaux publics, ainsi que l’immobilier. Lorsque nous nous sommes développés dans l’industrie, nous avons opté pour les matériaux de construction, en lien avec nos activités premières, privilégiant ainsi une logique d’intégration. Puis nous nous sommes diversifiés. À la fin des années 1990, Ynna Holding a décidé de se restructurer, abandonnant ses activités dans le textile et la pêche hauturière pour se tourner vers les métiers du futur, mais aussi l’hôtellerie et la distribution. Bref, des métiers chinaproof.

Des métiers « chinaproof », c’est-à-dire ?

Waterproof signifie imperméable. Par « chinaproof », je veux désigner des activités susceptibles de tenir tête à la concurrence chinoise, sur des marchés bénéficiant d’une protection naturelle. Dans de nombreux métiers, aujourd’hui, les Chinois savent faire plus vite et moins cher. Nous avons besoin de privilégier des activités dans lesquelles on peut changer très vite d’orientation stratégique, des activités de proximité pour lesquelles la qualité de service et l’accompagnement comptent. C’est une logique que l’on retrouve dans les domaines de la distribution et de l’hôtellerie. De nos jours, ce qui fait la valeur ajoutée, c’est la capacité de se réinventer. C’est là que les groupes familiaux se distinguent, contrairement aux multinationales pour lesquelles le processus de décision peut prendre beaucoup de temps.

Dans l’hôtellerie et la distribution, quels sont vos projets ?

Notre credo, c’est être numéro un, sinon rien. Donc, quel que soit le métier dans lequel nous nous développons, nous visons la première place. Avec dix hôtels, nous sommes déjà les plus grands investisseurs nationaux dans l’hôtellerie au Maroc. Dans la grande distribution, nous avons sept magasins et nous allons passer à dix.

Vous vous intéressez également aux énergies renouvelables ?

Nous avons un grand projet de 70 mégawatts pour alimenter en énergie éolienne toutes nos filiales industrielles, y compris la cimenterie, en cours de construction. Nous avons déjà signé un partenariat avec Volkswind, une entreprise allemande, pionnière en ce domaine.

Pour qualifier le management du groupe Chaabi, d’aucuns parlent de socialisme musulman ou d’entrepreneuriat social. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Disons plutôt qu’il faut avoir l’esprit capitaliste et le cœur socialiste. Concrètement, cela se traduit par l’attention à tous ceux qui sont partie prenante à notre activité, aux collaborateurs, à l’environnement, à la communauté en général. Prenez l’exemple de la Snep, qui a été l’un des pionniers en matière de protection de l’environnement, avec un investissement de 20 millions d’euros pour réhabiliter tout le système de production. Nous nous sommes conformés aux normes européennes. La Snep a d’ailleurs remporté le prix de l’environnement remis par la GTZ (coopération allemande). Tout cela, personne ne nous a obligés à le faire. Cela se traduit également par les actions menées par la fondation Miloud Chaabi, dans le secteur de l’éducation. Nous sommes également en partenariat avec l’Indiana State University pour ouvrir une université américaine au Maroc d’ici à deux ans. Pourquoi une université américaine ? Parce que, comme pour le reste, nous voulons être numéro un et choisissons les meilleurs. Ce n’est pas le cas pour l’enseignement primaire, mais, concernant l’enseignement universitaire, les Américains sont loin devant. 

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