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LES 500 
premières entreprises africaines

Le chiffre d’affaires cumulé des sociétés de notre classement atteint 567,5 milliards de dollars, soit une hausse de 24 % en un an.

Croissance à deux chiffres : le chiffre d’affaires des 500 premières entreprises de notre palmarès annuel affiche une hausse de 24 % en un an, à 567,5 milliards de dollars (contre 456 milliards l’année dernière). Contrairement à la précédente édition, l’indétrônable numéro un africaine, la Sonatrach algérienne, n’est pas responsable de cette performance. Elle ne progresse « que » de 10 % (contre 46,54 % il y a un an). Ce sont les 499 autres sociétés africaines classées qui la portent. Elles ont augmenté leurs ventes de 26,5 % en moyenne. Une croissance plus de trois fois supérieure à celle des PIB du continent et bien supérieure à celle de notre édition précédente (8,6 %).

Le bon comportement des ­entreprises africaines en 2007 se traduit par une ­progression de 53 % de la limite basse de notre classement : la 500e société – la maro­caine Sanad – présente un chiffre d’affaires de 137,8 millions de dollars, à comparer avec les 89,8 millions de ­dollars de chiffre d’affaires de la société égyptienne Petroleum Air Services, 500e l’an dernier. Revers de la médaille, un grand nombre des entreprises de nos tableaux reculent au classement général alors qu’elles se portent bien. C’est le cas de la 500e, Sanad, qui recule de 53 places malgré une hausse de 21,2 % de son chiffre d’affaires. En haut du classement, le groupe égyptien Orascom Telecom recule de deux positions (pour arriver 20e), ses ventes n’ayant progressé que de 8,8 %. Et Orascom Construction Industries, qui appartient au même holding familial, arrive 52e après une chute de 21 places dans le classement et de 15,4 % de son chiffre d’affaires.

L’Afrique du Sud continue de dominer le paysage, plaçant cette année 158 entreprises dans les 500. Depuis la toute première édition de notre palmarès, cette domination s’effrite lentement : la contribution sud-africaine au chiffre d’affaires global atteint 51,57 % cette année (53,76 % il y a un an, 70 % il y a dix ans). Le chiffre d’affaires des 158 sociétés affiche d’ailleurs une progression d’ensemble légèrement inférieure (+ 19 %) à la performance globale (+ 24 %). Le groupe chimique Sasol, première capitalisation du Johannesburg Stock Exchange, devient aussi la première entreprise du pays par le chiffre d’affaires, celui-ci ayant progressé de 58 % en un an. Sasol arrive au 3e rang des 500, en progression de deux places, tandis que le numéro un sud-africain de notre précédente édition, l’assureur Old Mutual, a chuté de 36 places, son activité s’étant effondrée de près de 75 % en un an. En 2007, exercice de référence pour les présents classements, Old Mutual s’est séparé de son activité d’assurance, vendant sa filiale Mutual & Federal. Autre fait marquant, l’arrivée en 5e position de MTN (8e il y a un an) grâce à une hausse de 46 % de son chiffre d’affaires. Le deuxième opérateur de téléphonie mobile du pays s’est progressivement implanté sur le continent, puis au Moyen-Orient, ce qui lui permet de devenir le premier groupe de télécoms sud-africain – et la troisième entreprise du pays –, devant l’opérateur historique Telkom, qui reste à la 7e place de notre classement.

Deuxième pays par le nombre de sociétés figurant dans les 500, le Maroc contribue à hauteur de 6,75 % au chiffre d’affaires global, (voir répartition par pays, p. 94), 6,64 % il y a un an, ses 56 entreprises affichant une progression d’ensemble de 26 %. Le groupe ONA redevient le numéro un du royaume, position que la Société marocaine de l’industrie du raffinage (Samir) lui avait prise l’année précédente. Grâce à une progression de 25,3 % de son CA en un an (23,8 % un an auparavant), l’ONA gagne deux places au classement général (24e) et la Samir rétrograde d’autant (27e, + 16,8 %). Maroc Télécom reste le troisième groupe du pays, arrivant 31e au classement général (35e il y a un an). Il a amélioré son chiffre d’affaires de 34 %. Plusieurs entreprises marocaines affichent de bonnes performances sur l’exercice, à l’instar de l’Office chérifien des phosphates (OCP, 45e), dont le chiffre d’affaires s’est amélioré de 32,8 %. L’Office national d’électricité (ONE, 56e) progresse également (24,2 %), mais affiche le deuxième exercice déficitaire consécutif (26 millions de dollars cette année, 206 millions il y a un an), ce qui, à la fin de 2008, a coûté sa place à son directeur général, Younès Maamar. Bonne progression de chiffre d’affaires (19,8 %) pour Royal Air Maroc (75e), comme pour le groupe de distribution Marjane (+ 34,6 %), qui gagne 9 places au classement général et arrive 128e.

La Tunisie place 27 sociétés dans les 500 (au lieu de 26 dans notre précédente édition). Même si elles ne contribuent qu’à hauteur de 2,44 % au chiffre d’affaires global (2,21 % il y a un an), elles affichent une progression de 37 % de leur chiffre d’affaires cumulé. C’est la deuxième meilleure performance de l’exercice, derrière l’Égypte (+ 49 %). La première entreprise de Tunisie est la Société tunisienne des industries de raffinage, 55e au classement général, un gain d’une place, avec un chiffre d’affaires en hausse de 25,6 %. Plusieurs groupes privés font leur entrée dans ce classement 2009, à commencer par Poulina, le numéro un de l’agroalimentaire, à la 167e place. Viennent ensuite les groupes Elloumi (câbles et électronique, 169e), Loukil (équipement industriel, 315e) et One Tech (câbles et électronique, 416e). On ne peut que leur souhaiter la réussite flamboyante de Tunisiana (197e) : pour sa seconde année de présence dans les 500, la société de téléphonie mobile progresse de 85 places, avec un chiffre d’affaires de 558,6 millions de dollars, en hausse de près de 134 % (52,8 % il y a un an). Tunisiana devient la plus performante des filiales du groupe Orascom Telecom, devant l’égyptienne MobiNil (77e, chiffre d’affaires en hausse de 33,2 %) et Orascom Telecom Algérie (65e, + 14,6 % au lieu de 42 % l’année précédente).

En Algérie, comme dans l’ensemble de ce Top 500, les hydrocarbures sont le premier contributeur au chiffre d’affaires global. La ­proportion est de 23,31 % pour les 500 (voir répartition par secteur ci-dessous), mais de 87 % pour les 29 sociétés algériennes qui y sont présentes, dont 8 sont actives dans les hydrocarbures, de la Sonatrach (1re) à l’Entreprise de grands travaux pétroliers (469e), en passant par l’Entreprise nationale de distribution des produits pétroliers (36e) ou la Société nationale de raffinage du pétrole (58e). En dehors de ces dernières, le paysage algérien est animé par plusieurs groupes d’envergure, comme Cevital, premier industriel privé du pays (74e), Algérie Telecom (87e) ou encore Air Algérie (151e). Tous perdent quelques places dans le classement, à cause des progressions limitées de leurs chiffres d’affaires (respectivement 10,4 %, 10,6 % et 13,4 %).

L’importance du pétrole ou de ses dérivés dans les économies africaines se reflète également dans la première place occupée dans un pays par la société pétrolière ou de raffinage locale, et plus particulièrement au sud du Sahara. Comme toute règle, celle-ci souffre d’exceptions, dont la plus notable est la première entreprise du Sénégal : le groupe de télécoms Sonatel arrive 104e, en progression de 7 places grâce à une hausse de 37,5 % de son chiffre d’affaires (35,8 % un an auparavant). Elle est pratiquement deux fois plus importante que sa suivante immédiate dans le pays, la Société africaine de raffinage (162e). Au Mali, ce sont les mines d’or qui dominent, la première entreprise du pays étant la Société des mines de Morila (290e), suivie de l’opérateur de téléphonie Orange (303e). Mais la première entreprise de Côte d’Ivoire est la Société ivoirienne de raffinage (54e au classement général). De même pour le Cameroun, avec la Société nationale des hydrocarbures (72e), suivie de la Société nationale de raffinage (80e). Idem pour le Gabon avec Total Gabon (79e) ou encore pour le Burkina, avec la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (213e). Ce serait également le cas pour les premières entreprises du Nigeria et d’Égypte si la National Nigerian Petroleum Company et l’Egyptian National Petroleum Corp. suivaient l’exemple de la Sonangol angolaise (2e dans notre Top 500) cette année et nous communiquaient leurs chiffres d’affaires…

Ces quelques absences n’empêchent pas notre classement de demeurer le seul outil de référence au monde sur les entreprises africaines. En témoigne la faible représentation du continent dans les classements de nos confrères américains. L’Afrique est totalement absente du classement Fortune Global 500. Il accueille pourtant des compagnies publiques, notamment pétrolières, comme China National Petroleum Corporation, 25e avec un chiffre d’affaires de 129,8 milliards de dollars… Mais pas la Sonatrach algérienne, notre numéro un, qui s’y placerait 89e, juste devant le groupe pétrolier russe Lukoil. Elle ne figure pas non plus dans le Forbes 2000, mais son chiffre d’affaires de 67,6 milliards de dollars la placerait en 82e position, devant ceux de groupes aussi significatifs que l’américain Boeing (66,4 milliards de dollars), le français Suez (64,9 milliards) ou encore l’allemand BMW (64,6 milliards). Le Forbes 2000 n’accueille au total que 17 sociétés sud-africaines, Sasol se plaçant 495e et MTN 678e, et deux sociétés marocaines. Encore s’agit-il d’Attijariwafa Bank (1 259e) et de BMCE Bank (1 743e), alors que les banques font l’objet d’un autre classement de Jeune Afrique (voir le hors-série de J.A. n° 19, Les 200 premières banques africaines, édition 2008). Forbes 2000 est donc une sorte de Top 17 africain, alors que le plus petit chiffre d’affaires de ses tableaux est à 550 millions de dollars, ce qui correspond à la 200e entreprise de cette dixième édition de notre classement des 500 premières entreprises africaines.

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