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Sonatrach, éternel numéro un…

Sonatrach, encore et toujours. Avec une constance impressionnante, le groupe public algérien détient depuis dix ans le titre incontesté de première entreprise du continent par son chiffre d’affaires. Outre sa capacité à occuper systématiquement la première marche du podium, le groupe affiche une progression fulgurante de son activité, multipliée par près de cinq en une décennie. En 1998, lors du premier classement de Jeune Afrique, l’entreprise pétrolière réalisait un chiffre d’affaires de 14,2 milliards de dollars. En 2008, il atteindra 67,6 milliards. Avec un résultat net de 10 milliards de dollars en 2008, les bénéfices de l’entreprise algérienne sont quasiment au niveau de son chiffre d’affaires de 1998 ! Difficile de faire mieux.

Certes, l’entreprise publique a bénéficié mécaniquement de l’explosion des cours du pétrole ces dernières années. Mais il n’en demeure pas moins qu’en dix ans, elle a développé une stratégie qui l’a hissée parmi les acteurs mondiaux de premier plan dans son domaine. Dans le gaz, par exemple, elle couvre 30 % des besoins énergétiques de l’Europe. Elle en assurera 60 % d’ici à 2015-2017 avec les deux projets de gazoducs (Medgaz vers l’Espagne et Galsi vers l’Italie). Le premier groupe africain a annoncé qu’il investira 25 % de son chiffre d’affaires dans des activités à l’international d’ici à 2015. La Sonatrach est déjà largement présente sur le continent (Égypte, Libye, Mauritanie, Nigeria) et place ses pions jusqu’en Amérique latine (Venezuela). En octobre dernier, elle a pris une participation au Pérou dans un important gisement de gaz, dans un pays éloigné de ses bases, ce qui lui permet d’accroître ses réserves d’hydrocarbures.

Sur ses terres, l’entreprise publique multiplie les opérations d’exploration du sous-sol, largement sous-exploré avec une moyenne de dix puits par 10 000 km², contre une moyenne de 100 puits dans les autres pays pétroliers. La Sonatrach investit aussi dans l’aval. Dans la pétrochimie, le partenariat le plus emblématique a été conclu avec Total pour la réalisation à Arzew, près d’Oran, d’un complexe de vapocraquage d’éthane (1,4 million de tonnes par an) pour un investissement de 3 milliards de dollars. Il sera opérationnel vers 2012-2013.

Mais l’omniprésence de Sonatrach ne doit pas masquer le reste du paysage économique algérien. Il a subi de profonds bouleversements en dix ans. Absents en 1998, les trois opérateurs de téléphonie : Orascom Telecom Algérie (en 5e position en 2007), Algérie Telecom (7e) et Wataniya Telecom Algérie (13e) occupent le haut tableau. Si Wataniya (20 % de parts de marché) peine à s’imposer et est la seule à accuser des pertes cette année, Algérie Telecom (34 %) ne pourra réellement partir à l’assaut d’Orascom (46 %) qu’une fois libérée de la tutelle de l’État. Régulièrement repoussée, l’ouverture de son capital n’a pourtant aucune chance d’aboutir avant l’élection présidentielle d’avril 2009.

La montée en puissance des entreprises du BTP est un autre témoin de la modernisation du pays. En 2007, trois entreprises du secteur sont dans les cinquante premières entreprises algériennes, alors qu’en 1998 seule Cosider trouvait sa place dans le palmarès. Et pour cause. Entre 2005 et 2009, l’État aura investi 150 milliards de dollars pour améliorer les infrastructures du pays (autoroutes, ports, aéroports, écoles, hôpitaux, universités, etc.), qui profitent aux groupes algériens (Cosider, Batimétal, ETRHB). â©Autre fait marquant de la décennie écoulée : l’essor du secteur privé et l’envol du groupe agroalimentaire Cevital. Dirigé par Issad Rebrab, c’est le premier groupe privé du pays, avec un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de dollars. Sa réussite est exceptionnelle dans un secteur laminé par les importations. Depuis 1998, six entreprises publiques, mal gérées, et le groupe privé Blanky, ont été chassés du classement. Ils ne sont plus que deux en 2007. De son côté, Issad Rebrab veut bâtir un conglomérat dans l’industrie (5 % du PIB). En 2012, il vise 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires avec son projet de Cap Djinet, où il compte investir 30 milliards de dollars avec des partenaires étrangers (Samsung, Hyundai, etc.) pour créer un megacomplexe industriel (aciérie, automobile, logistique).

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