Culture

Un personnage de roman

Par - Pascal Airault
Mis à jour le 19 décembre 2008 à 15:38

Une mère qui quitte sa Corse natale pour le mettre au monde à Nice loin des regards désapprobateurs de la famille, un père mort pendant la Seconde Guerre mondiale qu’il ne connaîtra jamais, l’appel de la nation pour aller combattre en Algérie… La vie de Pierre Casalta n’a rien d’un long fleuve tranquille. Sa carrière dans les médias se dessine dans les années 1960. Le jeune vétéran fait ses classes au bureau marseillais de Radio Monte-Carlo, où il apprend le métier sur le tas. Il y gravit les échelons un à un et devient directeur des informations du Moyen-Orient avant de partir diriger la Compagnie libanaise de télévision et de réaliser un bref passage à la tête d’Africa N° 1. Mais c’est Médi 1 qui fera connaître cette forte personnalité jamais vraiment acceptée dans le royaume, où elle fait figure d’« incongruité hassanienne ».

« Dès que je sors la tête du terrier, les jaloux cherchent à m’abattre », explique le Corse. Une de ses plus grandes fiertés, lui qui sait se montrer aussi paternaliste que tyrannique avec ses recrues : avoir formé des journalistes qui essaiment aujourd’hui les plus grandes rédactions en France, au Maghreb et au Moyen-Orient (Hassan Rachidi d’Al-Jazira, Bernard de la Villardière de M6, Jean-Yves Chaperon de RTL). « On chasse en meute… », aime-t-il rappeler. Un sens inné de la formule qu’il use jusqu’à en abuser parfois. Car Casalta peine à contrôler un naturel exubérant qui lui joue des tours. L’homme fuit donc les mondanités, rejette la plupart des demandes d’interviews et affiche profil bas même si, à l’âge d’une retraite bien sonnée, il aimerait jouir de la reconnaissance due au travail accompli.