Politique

Mohammed VI

Roi du Maroc, 45 ans

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Mis à jour le 30 décembre 2008 à 17:15

Quelle date faut-il retenir ? Celle du 23 juillet 1999, jour du décès de son père Hassan II, ou celle du 30 juillet, jour de son intronisation ? Peu importe : le septième mois de l’année 2009 sera celui de son dixième anniversaire à la tête du royaume. Dix ans déjà pour celui à qui des observateurs hâtifs, persuadés qu’il était « le dernier roi », prédisaient à l’époque un destin éphémère à la merci des militaires, des islamistes et de son peu de goût supposé pour un « job » dont, paraît-il, il ne voulait pas. Une décennie plus tard, Mohammed VI est sans doute le souverain le plus incontesté (et le plus populaire, avec son grand-père Mohammed V) qu’ait connu le Maroc.

À preuve : le nombre de « covers » que lui consacre une presse locale souvent impertinente est impressionnant et ne décroît pas. Promotion de la femme (il a été le premier souverain à montrer son épouse et à lui attribuer un rôle public), élections transparentes, libertés publiques, projet d’autonomie crédible pour le Sahara occidental… les réformes se sont succédé sous la houlette d’un homme beaucoup plus proche du peuple que ne l’était son père. À la fois « roi des pauvres » et spécialiste des inaugurations de chantiers, il n’aura, somme toute, commis que très peu d’erreurs. Amateur de discours pédagogiques là où son père excellait en interviews et en conférences de presse, adepte d’une diplomatie classique à la taille du Maroc plutôt que d’une diplomatie de coups et d’à-coups, « M6 » a jusqu’à présent fait face à la menace terroriste de l’islamisme radical, sans pour autant renoncer à l’ouverture démocratique. Les défis qu’il aura à relever au cours des années à venir sont clairs : réduire les inégalités sociales, développer l’économie et offrir aux Marocains un système éducatif enfin digne d’eux.